‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 35 sur 488 · V. Or · texte numérisé non relu

V. Or

3. Tandis que le eonite parle en capitan de comédie, rien n'est plus agréablement modeste que le langage de Rodrigue .

LE Cil)

Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens: Et croyant voir en loi l'honneur de la Caslille, Mon àme avec plaisir te destinait ma fille. Je sais ta passion, et suis ravi de voir Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir; Qu'ils n'ont point affaibli cette ardeur magnanime ; Que ta haute vertu répond à mon estime; Et que voulant pour gendre un cavalier parfait, Je ne me trompais point au choix que j'avais fait- Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse ; J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse. Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal ; Dispense ma valeur d'un combat inégal ; Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire : A vaincre, sans péril, on triomphe sans gloire1. On te croirait toujours abattu sans effort; Et j'aurais seulement le regret de ta mort.

D. RODRIGUE

D'une indigne pitié ton audace est suivie :

Qui m'ose ôter l'honneur craint de m'ôter la vie !

LE COMTE

Retire-toi d'ici. sw-«-~

D. RODRIGUE

Marchons sans discourir.

LE COMTE

Es-tu si las de vivre ~ï &^' ~A*ty -^flfty*

D. RODRIGUE

As-tu peur de mourir?

LE COMTE

Viens, tu fais ton devoir, et le fils dégénère Qui survit un moment à l'honneur de son père.

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