ACTE II SCÈNE III
ARSINOÉ
Mais qui cause, Seigneur, ce retour surprenant? Et votre armée?
NICOMÈDE
Elle est sous un bon lieutenant; 250
Et quant à mon retour, peu de chose le presse.
J'avais ici laissé mon maître et ma maîtresse1 : Vous m'avez ôté l'an, vous, dis-je, ou les Romains: Et je viens sauver l'autre et d'eux et de vos mains.
ARSINOÉ
C'est ce qui vous amène?
NICOMÈDE
Oui, Madame; et j'espère 838 Que vous m'y servirez auprès du roi mon père.
ARSINOÉ
Je vous y servirai comme vous l'espérez.
NICOMÈDE
De votre bon vouloir nous sommes assurés.
ARSINOÉ
Il ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe.
NICOMEDE
Vous voulez à tous deux nous faire cette grâce. 2C0
ARStNOÉ
Tenez-vous assuré que je n'oublierai rien.
NICOMÈDE
Je connais votre cœur, ne doutez pas du mien.
ATTALE
Madame, c'est donc là le prince Xicomède?
NICOMÈDE
Oui, c'est moi qui viens voir s'il faut que je vous cède.
ATTALE
Ah! seigneur, excusez si, vous connaissant mal.... tes
NICOMÈDE
Prince, faites-moi voir un plus digne rival.
Si vous aviez dessein d'attaquer cette place, >Ne vous départez point d'une si noble audace : .Mais, comme à son. secours je n'amène que moi, [Ne la menacez plus de Rome ni du roi. 270
[Je la défendrai seul; attaquez-la de même, [Avec tous les respects qu'on doit au diadème.
1. Le maître est Aniiibal , la mai- i Est-il besoin de remarquer que le jeu \'reue est Laodice, qu'il doit épouser. I de mots n'est pas du meilleur goût?
378 NICOMÉDE
Je veux bien mettre à part, avec le nom d'aîné,
Le rang de votre maître où je suis destiné;
Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme.
Des leçons d'Annibal, ou de celles de Rome.
Adieu; pensez-y bien, je vous laisse y rêver.