ARSINOÉ, NICOMÈDE, ATTALE, ARASPE
AKASPE
Seigneur, le roi vous mande.
NICOMÈDE
Il me mande?
ARASPE
Oui, Seigneur.
ARSINOÉ
Prince, la calomnie est aisée à détruire. 103s
NICOMÈDE
J'ignore à quel sujet vous m'en venez instruire, Moi qui ne doute point de cette vérité, Madame.
ARSINOÉ
Si jamais vous n'en aviez douté.
Prince, vous n'auriez pas, sous l'espoir2 qui vous flatte, Amené de si loin Zenon et Métrobate. io'»o
Je m'obstinais, Madame, à tout dissimuler; Mais vous m'avez forcé de les faire parler.
1. Nicoruéde est nu éducateur im- I leçon ne se trouve pas être en définipérieux qui ne craint pas de heurter 1 tive moins brutale que salutaire. l"àme débile de son élève, par de vio- I 2. V. Or., 42. lentes secousses : on verra si cette dure I
404 NICOMEDE
ARSINOÉ
La vérité les force, et mieux que vos largesses.
Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses;
Tous deux en ont plus dit qu'ils n'avaient résolu. 1015
NICOMÈDE
J'en suis fâché pour vous, mais vous l'avez voulu.
ARSINOÉ
Je le veux bien encore, et je n'en1 suis fâchée
Que d'avoir vu par là votre vertu tachée,
Et qu'il faille ajouter à vos titres d'honneur
La noble qualité de mauvais suborneur. 1050
NICOMÈDE
Je les ai subornés contre vous à ce conte2?
ARSINOÉ
J'en ai le déplaisir, vous en aurez la honte.
Et vous pensez par là leur ôter tout crédit?
ARSINOÉ
Non, Seigneur : je me tiens à ce qu'ils en ont dit.
NICOMÈDE
Qu'ont-ils dit qui vous plaise, et que vous vouliez croire? 1053
ARSINOÉ
Deux mots de vérité qui vous comblent de gloire.
NICOMÈDE
Peut-on savoir de vous ces deux mots importants?
ARASPE
Seigneur, le Roi s'ennuie, et vous tardez longtemps.
ARSINOÉ
Vous le saurez de lui, c'est trop le faire attendre.
• NICOMÈDE
Je commence, Madame, enfin à vous entendre : îoeo
Son amour conjugal, chassant Je paternel, Vous fera l'innocente, et moi le criminel. Mais...
ARSINOÉ
Achevez, Seigneur; ce mais, que veut-il dire?
NICOMÈDE
Deux mots de vérité qui font que je respire.
ARSINOÉ
Peut-on savoir de vous ces deux mots importants? 1060