‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 438 sur 488 · PRUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE · texte numérisé non relu

PRUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE

CLÉONE

Tout est perdu, Madame, à moins d'un prompt remède : Tout le peuple à grands cris demande Nicomède; Il commence lui-même à se faire raison, îses

Et vient de déchirer Métrobate et Zenon.

ARSINOÉ

Il n'est donc plus à craindre, il a pris ses victimes :

Sa fureur sur leur sang va consumer* ses crimes;

Elle s'applaudira de cet illustre effet,

Et croira Nicomède amplement satisfait. 1570

FLAMINIUS

Si ce désordre était sans chefs et sans conduite,

Je voudrais, comme vous, en craindre moins la suite;

Le peuple par leur mort pourrait s'être adouci;

Mais un dessein formé ne tombe pas ainsi :

Il suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'emporte1; 1 •'» t n

Le premier sang versé rend sa fureur plus forte ;

Il l'amorce, il l'acharné, il en éteint l'horreur,

Et ne lui laisse plus ni pitié ni terreur.

1. Voltaire affecte de croire qu'il I pousser bien loiu l'art de ne pas corns'agit d'emporter un but, et non de preudre. V. Gr., 10. 1'emporler au sens de vaincre. C'est I

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