‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 48 sur 488 · D. RODRIGUE, EL VIRE · texte numérisé non relu

D. RODRIGUE, EL VIRE

ELV1RE

Rodrigue, qu'as-tu fait? où viens-tu, misérable2?

D. RODRIGUE

Suivre le triste cours de mon sort déplorable.

ELVIRE

Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil. De paraître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi! viens-tu jusqu'ici braver l'ombre du Comte? Ne l'as-tu pas tué?

D. RODRIGUE

Sa vie était ma honte; Mon honneur de ma main a voulu cet effort*.

ELVIRE

Mais chercher ton asile en la maison du mort !

1. Le discours de Chimène au roi, dans le Romancero, est bien différent.

« Chaque jour qui luit , je vois celui qui tua mon père, chevalier à cheval tenant un épervier... Pour me faire plus de peine . il le lance dans mou colombier. Avec le sang de mes colombes, il a ensanglanté ma robe. A mes plaintes, il a répondu qu'il couperait le.- pans de mes jupes! » Puis elle finit

par demander pour mari celui dont elle poursuivait la mort : il deviendra ainsi sa rançon à la fois et son protecteur.

2. Rodrigue s*est introduit dans la maison du comte qu'il vient de tuer :

Elvire n'a pas tort de se récrier. Quelle invraisemblance, en effet! Mais aussi quelles beautés nous devrons à cette heureuse hardiesse!

Jamais un meurtrier en fit-il son refuge?

D. RODRIGUE

Et je n'y viens aussi que m'offrrr à mon juge. t:,o

Ne me regarde plus d'un visage étonné;

Je cherche le ti-épas après l'avoir donné*.

Mon juge est mon amour, mon juge est ma Clnmène :

Je mérite la mort de ■ mériter sa haine ,

Et j'en viens recevoir, comme un bien souverain, "3

Et l'arrêt de sa bouche, et le coup de sa main.

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