D. RODRIGUE, EL VIRE
ELV1RE
Rodrigue, qu'as-tu fait? où viens-tu, misérable2?
D. RODRIGUE
Suivre le triste cours de mon sort déplorable.
ELVIRE
Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil. De paraître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi! viens-tu jusqu'ici braver l'ombre du Comte? Ne l'as-tu pas tué?
D. RODRIGUE
Sa vie était ma honte; Mon honneur de ma main a voulu cet effort*.
ELVIRE
Mais chercher ton asile en la maison du mort !
1. Le discours de Chimène au roi, dans le Romancero, est bien différent.
« Chaque jour qui luit , je vois celui qui tua mon père, chevalier à cheval tenant un épervier... Pour me faire plus de peine . il le lance dans mou colombier. Avec le sang de mes colombes, il a ensanglanté ma robe. A mes plaintes, il a répondu qu'il couperait le.- pans de mes jupes! » Puis elle finit
par demander pour mari celui dont elle poursuivait la mort : il deviendra ainsi sa rançon à la fois et son protecteur.
2. Rodrigue s*est introduit dans la maison du comte qu'il vient de tuer :
Elvire n'a pas tort de se récrier. Quelle invraisemblance, en effet! Mais aussi quelles beautés nous devrons à cette heureuse hardiesse!
Jamais un meurtrier en fit-il son refuge?
D. RODRIGUE
Et je n'y viens aussi que m'offrrr à mon juge. t:,o
Ne me regarde plus d'un visage étonné;
Je cherche le ti-épas après l'avoir donné*.
Mon juge est mon amour, mon juge est ma Clnmène :
Je mérite la mort de ■ mériter sa haine ,
Et j'en viens recevoir, comme un bien souverain, "3
Et l'arrêt de sa bouche, et le coup de sa main.