V. Or., 9. i raison à Corneille
2. Don Sanche, disait l'Académie, 3. La passion est subtile, et d*ailaurait dû venger Chimène sans lui en leurs Chiméue n'a-t-elle pas besoin de demander la permission. Il n'est pas s'exalter pour élever son courage à la nécessaire d'être très versé dans les hauteur d'une situation si ardue? usages de la chevalerie, pour donner
ELVIRE
Reposez- vous , Madame.
CHIMÈNE
Ah ! que mal à propos Dans un malheur si grand tu parles de repos! Par où sera jamais ma douleur apaisée , 805
Si je ne puis haïr la main qui l'a causée? Et que dois-je espérer qu'un tourment éternel , Si je poursuis un crime, aimant le criminel!
ELVIRE
Il vous prive d'un père, et vous l'aimez encore1!
CHIMÈNE
C'est peu de dire aimer, Elvire, je l'adore; 8io
Ma passion s'oppose à mon ressentiment;
Dedans 2 mon ennemi je trouve mon amant;
Et je sens qu'en dépit de toute ma colère,
Rodrigue dans mon cœur combat cncor mon père :
Il l'attaque, il le presse, il cède, il se défend, 81»
Tantôt fort, tantôt, faible, et tantôt triomphant :
Mais , en ce dur combat de colère et de flamme
Il déchire mon cœur sans partager mon âme;
Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,
Je ne consulte* point pour suivre mon devoir; 8-20
Je cours sans balancer où mon honneur m'oblige.
Rodrigue m'est bien cher, son intérêt m'afflige ;
Mon cœur prend son parti ; mais , malgré son effort ,
Je sais ce que je suis, et que mon père est mort.
ELVIRE
Pensez- vous le poursuivre?
CHIJIÈN'E
Ah! cruelle pensée! 82s
Et cruelle poursuite où je me vois forcée! Je demande sa tète , et crains de l'obtenir : Ma mort suivra la sienne, et je le veux punir!
ELVIRE
Quittez, quittez, Madame, un dessein si tragique;
Ne vous imposez point de loi si tyrannique. 830
CHIMÈNE
Quoi! mon père étant mort , et presque entre mes bras,
1. La stupéfaction d'Elvire fait bien I donnée dramatique, ressortir toutes les audaces de cette I 2. Y. Gr., 31.