‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 6 sur 488 · LA VEUVE · texte numérisé non relu

LA VEUVE

Exécrable instrument de sa brutale rage, Tu devais pour le moins respecter son image : (]e portrait accompli d'un chef-d'œuvre des deux, Imprimé dans mon cœur, exprimé dans mes yeux, ' Quoi que te commandât une âme si cruelle , Devait être adoré de ta pointe rebelle ! !

Il serait injuste, après cette tirade ridicule, d'omettre certains vers de Clilandre qui ne dépareraient point les plus belles pièces de Corneille :

Mais tels sont les excès du malheur qui m'opprime Qu'il ne m'est pas permis de jouir de mon crime; Dans l'état pitoyable où le sort m'a réduit , J'en recueille la honte et n'en ai pas le fruit 2; Et tout ce que j'ai fait contre mon ennemie, Sert à croître sa gloire , avec mon infamie !

On peut juger par ce seul passage si Corneille était absolument sincère quand il affirmait n'avoir écrit Clitandre que par bravade et pour le plaisir de faire une pièce qui ne vaudrait rien du tout.

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