ACTE IV, SCÈNE III
Le moyen ni l'espoir de s'acquitter vers toi1. 1220
Mais deux rois tes captifs feront ta récompense :
Ils t'ont nommé tous d'eux leur Cid en ma présence.
Puisque Cid en leur langue est autant que seigneur-.
Je ne t'envierai * pas ce beau titre d'honneur.
Sois désormais le Cid; qu'à ce grand nom tout cède;
Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolède, 1 2-2:;
Et qu'il marque à tous ceux qui vivent sous eues lois
Et ce que tu me vaux, et ce que je te dois.
D. RODRIGUE /LuàtP^
Que votre majesté, Sire, épargne ma honte zr\
D'un si faible service elle fait trop de conte, 1230
Et me force à rougir devant un si grand roi
De mériter si peu l'honneur que j'en reçoi.
Je sais trop que je dois au bien de votre emphv.
Et le sang qui m'anime, et l'air que je respire;
Et quand je les perdrai pour un si digne objet, 1235
Je ferai seulement le devoir d'un sujet.
D. FERXAXD
Teus ceux que ce devoir à mon service engage
Ne s'en acquittent pas avec même courage;
Et lorsque la valeur ne va point dans l'excès
Elle ne produit point de si rares succès \ 124»
Souffre donc qu'on te loue, et de cette victoire
Apprends-moi plus au long la véritable histoire.
D. RODRIGUE
Sire, vous avez su qu'en ce danger pressant,
Qui jeta dans la ville un effroi si puissant ,
L'ne troupe d'amis chez mon père assemblée 1245.
Sollicita mon âme encor toule troublée...
Mais, Sire, pardonnez à ma témérité,
Si j'osai l'employer sans votre autorité;
Le péril approchait; leur brigade5était prête;
Me montrant à la cour, je hasardais ma tète : 1 2.;o
Et . s'il fallait la perdre, il m'était bien plus doux
De sortir de la vie en combattant pour vous.
D. FER.NAXD
J'excuse ta chaleur à venger ton offense;