‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 152 sur 373 · T< MARQUE · texte numérisé non relu

T< MARQUE

Ménagez votre \'ie, à Dieu même elle importe; Vivez pour [U'otéger les chrétiens en ces lieux.

POLVELCTE.

L'exemple de ma mort les fortifira mieux.

NÉARQUE

Vous voulez donc mourir?

POLYELT.TE.

Vous aimez donc à vivre ?

NÉARQUE

Je ne puis déguiser que j'ai peine à vous suivre. Sous l'horreur des tourments je crains de succom-

POLVELT.TE. [bep.

Qui marche assurément n'a point peur de tomhfr : Dieu fait part au besoin de sa force infinie. Qui craint de le nier dans son âme le nie; Il croit le pouvoir faire, et doute de sa foi. -

NÉARQUE

Qui n'appréhende rien présume trop de soi.

POLYEUCTE

J'attends tout de sa grâce et rien de ma faiblesse. Mais loin de me presser, il faut que je vous presse! D'où vient cette froideur ?

NÉARQUE

Dieu même a craint la morl.

POLYEUCTE

Il s'est offert pourtant; suivons ce saint effort ; Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles. 11 faut (je me souviens encor de vos paroles) Négliger pour lui plaire, et femme, etbiens, et rang: Exposer pour sa gloire et verser tout son sang. Hélas! qu'avez-vous fait de cette amour parfaite Que vous me souhaitiez, et que je vous souhaite? S'il vous en reste encor, n'êles-vous point jaloux?

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