PA L'UNE
Je l'aimerais encor, quand il m'aurait trahie; Et si de tant d'amour tu peux être ébahie, Apprends que mon devoir ne dépend point du sien : Qu'il y manque, s'il veut; je dois faire le mien. Quoifs'il aimait ailleurs, serais-je dispensée A suivre, à son exem]de, une ardeur insensée? Quelque chrétien qu'il soit,jen'enaipointd"horreur; Je chéris sa personne, et je hais son erreur. Mais quel ressentiment en témoigne mon père?
STRATONICE
Une secrète rage, un excès de colère, Malgré qui toutefois un reste d'amitié Montre pour Polyeucte encore quelque pitié. Il ne veut point sur lui faire agir sa justice. Que du traitre JNéarque il n'ait vu le supplice.
Quoi ! Néarque en est donc?
STRATONICK.
Néarque l'a séduit; De leur vieille amitié c'est là l'indigne fruit. Ce perfide, tantôt, en dépit de lui-même, L'arrachant de vos bras, le traînant au baptême, Voilà ce grand secret et si mystérieux Que n'en pouvait tirer votre amour curieux.
PAULINE
Tu me blâmais alors d'être trop importune.
STRATONICE
•Je ne prévoyais pas une telle infortune.
PAULINE
Avant qu'abandonner mon ùme à mes douleurs, Il me faut essayer la force de mes pleurs; En qualité de femme, ou de fdle, j'espère