ACTE I, SCÈNE I
Pour rentrer en Egypte étaient un froid secours.
Qu'il ne vante donc plus ses nirTites frivoles,
Les ellets de César valent bien ses paroles:
Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'liui,
Comme il parla pour vous, vous parlerez pour lui.
Ainsi vous le pouvez et devez reconnaître.
Le recevoir chez vous, c'est recevoir un maître,
Qui, tout vaincu qu'il est, bravant le nom du roi,
Dans vos propres États vous donnerait la loi.
Fermez-lui donc vos ports, mais épargnez sa tête. S'il le faut toutefois, ma main est toute prèle; .l'obéis avec joie, et je serais jaloux Qu'autre brasque le mien portât les premiers coups.
SEPTIMK.
Seigneur, je suis Romain, je connais l'im et l'autre. Pompée a besoin d'aide, il vient chercher la vôtre: Vous pouvez, comm»; maître absolu de son sort, Le servir, le chasser, le livrer vif ou mort. Des quatre le premier vous serait trop funeste; Souffrez donc qu'en deux mots j'examine le reste. Le chasser, c'est vous faire un puissant ennemi, Sans obliger par là le vainqueur qu'à demi. Puisque c'est lui laisser et sur mer et sur terre La suite d'une longue et difficile guerre. Dont peut-être tous deux également lassés Se vengeraient sur vous de tous les maux passés. Le livrer à César n'est que la même chose: Il lui pardonnera, s'il faut qu'il en dispose, Et, s'armant à regret de générosité, D'une fausse clémence il fera vanité; Heureux de l'asservir en lui donnant la vie, Et de plaire par là même à Rome asservie! Cependant que, forcé d'épargner son rival Aussi bien que Pompée il vous voudra du mal ;
Il faut le délivrer du péril et du crime, Assurer sa puissance, et sauver son estime. Et du parti contraire en ce grand chef détruit. Prendre sur vous la honte, et lui laisser le fruit. C'est là mon sentiment, ce doit être le vôtre; Par là vous gagnez l'un, et ne craignez plus l'autre. Mais suivant d'Achillas le conseil hasardeux, Vous n'en gagnez aucun, et les perdez tous deux.
PTOLOMÉE
N'examinons donc plus la justice des causes. Et cédons au torrent qui roule toutes choses
Je passe au plus de voix, et de mon sentiment Je veux bien avoir part à ce grand changement. Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A cru qu'èlre Romain c'était être plus qu'homme. Abattons sa superbe avec sa liberté; ^
Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté; Tranchonsl'unique espoir où tant d'orgueil se fonde. Et donnons un tvran à ces tyrans du monde. Secondons le destin qui les veut mettre aux fers, Et prêtons-lui la main pour venger l'univers. Rome, tu serviras; et ces rois que tu braves, Et que ton insolence ose traiter d'esclaves, Adoreront César avec moins de douleur, Puisqu'il sera Ion maître aussi bien que le leur.
Allez donc, Achillas, allez avec Scptime Nous immortaliser par cet illustre crime. Qu'il plaise au ciel ou non, laissez m'en le souci, Je crois (lu'il veut sa mort, puisqu'il l'amène ici.
ACHILLAS. ^ [donne.
Seigneur, je crois tout juste alors qu'un roi l'or-
Allez, et hàtez-vous d'assurer ma couronne ; Et vous ressouvenez que je mets en vos mains Le destin de l'Egypte et celui des Romains.