‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 214 sur 373 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

CORNÉLÏE, teiiafit u>ie petite urne en sa main ; PHILIPPE.

coRNÉLiE. [songe

Mes yeux, puis-je vous croire, et n'est-ce point un Qui sur mes tristes vœux a formé ce mensonge? Te revois-je, Philippe, et cet époux si cher A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher ? Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre? 0 vous, à ma douleur objet terrible et tendre. Éternel entretien de haine et de pitié. Restes du grand Pompée, écoutez sa moitié. N'attendez point de moi de regrets, ni de larmes; Un grand cœur à ses maux applique d'autres char- Les faibles déplaisirs s'amusent à parler, [mes. Et quiconque se plaint chercher à se consoler. Moi, je jure des dieux la puissance suprême. Et, pour dire encor plus je jure par vous-même ; Car vous pouvez bien plus sur ce cœur affligé Que le respect des dieux qui l'ont mal protégé : Je jure donc par vous, ô pitoyable reste, Ma divinité seule après ce coup funeste. Par vous, qui seul ici pouvez me soulager, De n'éteindre jamais l'ardeur de leveng'er. Ptolomée à César, par un lâche artifice.

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