‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 25 sur 373 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

D. RODRIGUE

Sa vie était ma honte ; Mon honneur de ma main a voulu cet effort.

EL VI RE

Mais chercher ton asile en la maison du moi l ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge?

D. RODRIGUE

Et je n'y viens aussi que m'offrir à mon juge.

Ne me regarde plus d'un visage étonné;

Je cherche le trépas après l'avoir donné.

Monjuge est mon amour, mon jugeestmaChiménf:

Je mérite la mort de mériter sa haine,

Et j'en viens recevoir, comme un hien souverain,

Et l'arrêt de sa houche, et le coup de sa main.

ELVIRE

Fuis plutôt de ses yeux, fuis de sa violence; A ses premiers transports dérohe ta présence. Va, ne t'expose point aux premiers mouvements Que poussera l'ardeur de ses ressentiments.

D. RODRIGUE

Non, non, ce cher ohjet à qui j'ai pu déplaire Ne peut pour mon supplice avoir trop de colère; Et j'évite cent morts qui me vont accabler, Si pour mourir plus tôt je la puis redoul)ler.

ELVIRE

Chimène est au palais, de pleurs toute baignée, Et n'en reviendra point que bien accompagnée. "Rodrigue, fuis, de grâce, ôte-moi ce souci. Que ne dira-t-on point si Ton te voit ici? Yeux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père? Elle va revenir; elle vient, je la vois: Du moins, pour son honneur, Rodrigue, cache-toi.

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