‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 283 sur 373 · LAONICE, TIMAGÈNE · texte numérisé non relu

LAONICE, TIMAGÈNE

LAOMCE.

Peut-on plus dignement mériter la couronne ?

TIMAGÈNE

Je ne suis point surpris de ce (pii vous étonne ; Confident de tous. deux, prévoyant leur douleur, J'aiprévu leur constance,et j'ai plaint leur malheur Mais, de grâce, achevez l'histoire commencée.

LAONICE

Pour la reprendre donc où nous l'avons laissée, Les Parthes, au combat par les nôtres forcés, Tantôt presque vainqueurs,tanlôt presque enfoncés, Sur l'une cl l'antre armée également heureuse, Virent longtejnps voler la victoire douteuse ; Mais la victoire enfin se tourna contre nous, Si bien qu'Antiochus, percé de mille coups, Près de tomber aux mains d'une troupe ennemie, Lui voulut dérober les restes de sa vie. Et préférant aux fers la gloire de périr. Lui-même par sa main acheva de mourir.

La reine ayant appris cette triste nouvelle, En reçut tôt après une autre plus cruelle : Que Nicanor vivait ; que sur un faux rapport. De ce premier époux elle avait cru la mort; Que, piqué jusqu'au vif contre cet hyménée. Son àme à l'imiter s'était déterminée.

Et que, pour s'atlranchir des fers de son vainqueur, II allait épouser la prîncesse sa sœur. C'est cette Rodogune, où l'un et l'autre frère Trouve encor les appas qu'avait trouvés leur père.

La reine envoie en vain pour se justifier; On a beau la défendre, on a beau le prier. On ne rencontre en lui qu'un juge inexorable, Et son amour nouveau la veut croire coupable : Son erreur est un crime ; et pour l'en punir mieux, 11 veut même épouser Rodogune à ses yeux. Arracher de son front le sacré diadème Pour ceindre une autre tête en sa présence même ; Soit qu'ainsi sa vengeance eût plus d'indignité. Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité. Et qu'il assurât mieux par cette barbarie Aux enfants qui naîtraient le trône de Syrie.

Mais tandis qu'animé de colère et d'amour Il vient déshériter ses fils par son retour, Et qu'un gros escadron de Parthes pleins de joie Conduit ces deux amants, et court comme à la proie , La reine, au désespoir de n'en rien obtenir, Se résout de se perdre ou de le prévenir. Elle oublie un mari qui veut cesser de l'être, Qui ne veut j)lus la voir qu'en implacable maître; Et, changeant à regret son amour en horreur. Elle abandonne tout à sa juste fureur.

Elle-même leur dresse une embûche au passage,

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