‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 313 sur 373 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLÉOPATRE, LAONICE

LAONtCE.

Eîifin ce grand courage a vaincu sa colère.

CLÉOPATRE

Que ne peut point un fils sur le cœur d'une mère !

LAOMCE.

Vos pleurs coulent encore, et ce ca-ur adouci...

CLÉOPATRE

Envoyez-moi son frère, et nous laissez ici. Sa douleur sera grande, à ce que je présume ; Mais j'en saurai sur l'heure adoucir l'amertume. Ne lui témoignez rien; il lui sera plus doux D'apprendre tout de moi, qu'il ne serait de vous.

SCÉx\E V

CLÉOPATRE

Que tu pénètres mal le fond de mon courage ! Si je verse des pleurs, ce sont des pleurs de rage; Et ma haine, qu'en vain tu crois s'évanouir, Ne les a fait couler qu'afin de t'éblouir.

Je ne veux plus que moi dedans ma confidence. Et toi, crédule amant, que charme l'apparence, Et dont l'esprit léger s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguisement, A'a, triomphe en idée avec la Rodogune, Au sort des immortels préfère ta fortune. Tandis que, mieux instruite en l'art de me venger, En de nouveaux malheurs je saurai le plonger, [che: Ce n'est pas tout d'un cou[) que tantd'orgueil tréhu- De qui se rend trop lût on doit craindre une embûche; Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front, Que ])rendrepoursincèreun changement si prompt. L'eil'et te fera voir comme je suis changée.

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