‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 320 sur 373 · LAO.MCE, TROUPE DE PARTDES ET DE SYRIENS. CLÉOP.\TRE · texte numérisé non relu

LAO.MCE, TROUPE DE PARTDES ET DE SYRIENS. CLÉOP.\TRE

Approchez, mos enfants, car Taniour maternelle, Madame, ilans mon cœur vous tient déjà pour telle; Et je crois que ce nom ne vous déplaira pas.

RODOGCNE.

Je le cliérirai même au delà du trépas.

11 m'est trop doux, madame ; et tout Tlieurque J'es-

C'est de vous obéir et respecter en mère. [père,

CLÉOPATRE

Aimez-moi seulement; vous allez être rois.

Et s'il faut du respect, c'est moi qui vous le dois.

ANTIOCHLS.

Ah! si nous recevons la suprême puissance, Ce n'est pas pour sortir do votre obéissance : Vous régnerez ici quand nous y régnerons. Et ce seront vos lois que nous y donnerons.

CLÉOPATRE

J'ose le croire ainsi ; mais prenez votre place : 11 est temps d'avancer ce qu'il faut que je fasse. {Ici Antioc/tus s'assied da/is un fauteuil, Rodogune à sa fjaucfte, en même ranij, et Cléopâtre à sa droite, mni; en rang inférieur, et qui marque quelque inégalité. Ovonte s'assied aussi à la gauche de Rodogune, arela même différence ; et Cléopôtre fendant qu'ils prennent leur places, parle « l'oreille de Laonice, qui s'en va quérir une coupe pleine de vin empoiso7inc . Après qu'elle est partie, Cléopâtre continue:) Peuple qui m'écoutez, Parthes et Syriens, Sujets du roi son frère, ou qui fûtes les miens. Voici de mes deux fils celui qu'un droit d'aînesse Élève dans le trône, et donne à la princesse. Je lui rends cet État que j'ai sauvé pour lui ; Je cesse de régner, il commence aujourd'hui. Qu'on ne me traite plus ici de souveraine : Voici votre roi, peuple, et voilà votre reine. Vivez pour les servir, respectez-les tous deux. Aimez-les, et mourez, s'il est besoin, pour eux.

Oronte, vous voyez avec quelle franchise Je leur rends ce pouvoir dont je me suis démise :

Prêtez les yeux au reste, et voyez les effets Suivre de point en point les traités de la paix. Laonice revient avec une coupe à la main.)

ORONTE

Votre sincérité s'y fait assez paraître, Madame, et j'en ferai récit au roi mon maître.

CLÉOPATRE

L'hymen est maintenant notre plus cher souci. L'usage veut, mon (ils, qu"on le commence ici ; Recevez de ma main, la coupe nuptiale, Pour être après unis sous la foi conjugale; Puisse-t-elle être un gage, envers votre moitié. De votre amour ensemble et de mon amitié.

ANTl0CHLS,/>rena.'îi la coupe.

Ciel! que ne dois-je point aux bontés d'une mère! CLÉOPATRE. [fère.

Le temps presse et votre heur d'autant plusse dif-

ANTiocHUS à Rodogune.

Madame, hâtons donc ces glorieux moments : Voici l'heureux essai de nos contentements. Mais si mou frère était le témoin de ma joie...

CLÉOPATRE

C'est être trop cruel de vouloir qu'il la voie :

Ce sont des déplaisirs qu il fait bien d'épargner;

Et sa douleur secrète a droit de l'éloigner.

ANTIOCHTS.

Il m'avait assuré qu'il la verrait sans peine. Mais n'importe, achevons.

Page 1