‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 326 sur 373 · ACTE I, SCÈNE I. ?S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. ?S

Je crains la violence et non votre faiblesse; Et si Rome une fois contre nous s'intéresse...

LAODir.F:.

Je suis reine, seiirneur; et Rome a beau tonner, Elle ni votre roi n'ont rien à m'ordonner : Si de mes jeunes ans il est dépositaire, C'est pour exécuter les ordres de mon père : Il m'a donnée à vous, et nul autre que moi N'a droit de l'en dédire, et me choisir un roi. Par son ordre et le mien, la reine d'Arménie Est due à l'héritier du roi de Bilhynie, Et ne prendra jamais un cieiir assez aliject Pour se laisser réduire à l'hymen d'un sujet. Mettez-vous en repos.

NICOMÈDE

Et le puis-je, madame, Vous voyant exposée aux fureurs d'une femme Qui, pouvant tout ici, se croira tout permis Pour se mettre en état de voir ré,s-ner son fils? Il n'est rien de si saint qu'elle ne fasse enfreindre. Qui livrait Anibal pourra bien vous contraindre, Et saura vous garder même fidélité Qu'elle a gardée aux droits de rhus[iitalité.

LAODICE

Mais ceux ue la nature ont-ils un luivilège Qui vous assure d'elle apn'-s ce sacrilège? Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups. Vous expose vous-même, et m'expose après vous. Comme il est fait sans ordre, il passera pour crime; Et vous serez bientôt la première vii-lime Que la mère et le fils, ne pouvant m'éluanler. Pour m'ùter mon ajipui se voudront immoler. Si j'ai besoin de vous de peur qu'on me contraigne. J'ai besoin que le roi, ({u'eJle-même vous craigne. Retournez à l'armée, et pour me protéger Montrez cent mille bras tout prêts à me venger. Parlez la force en main, et hors de leur atteinte ; S'ilsvoustiennentici,toutest pour eux sans crainte: Et ne vous flattez point ni sur votre grand cœur, ISi sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur ; Quelque haute valeur que puisse être la vôtre, Vous n'avez en ces lieux que deuxbras comme unau- Et fussiez-vous du monde et i'amouret l'ell'roi.rire; Quiconque entre au palais porte sa tête au roi.

Je fous le dis encor, retournez à l'armée ; Ne montrez à la cour que votre renommée; Assurez votre sort pour assurer le mien ; Faites qui^l'on vous craigne, etje ne craindrai rien.

MCUMÈDK.

Retourner à l'armée ! Âh sachez que la reine La sème d'assassins achetés par sa haine. Deux s'y sont découverts, que j'amène avec moi Afin de la convaincre et détromper le roi. Quoiqu'il soit son époux, il est encore mon père; Ei quand il forcera la nature à se taire, Trois sceptres à son trône attachés par mon bras Parleront au lieu d'elle et ne se tairont pas. Que si notre fortune à ma perte animée La prépare à la cour aussi bien qu'à l'armée. Dans ce péril éfca\ qui me suit en tous lieux, M'envirez-vous l'honneur de mourir à vos yeux ?

LAODICK.

Non, je ne vous dis plus désormais que je tremble. Mais que, s'il faut périr nous périronsensemble. Armons-nous de courage, et nous ferons trembler Ceux dont les lâchetés pensent nous accabler. Le peuple ici vous aime, et hait les cœurs infâmes; Et c'est être bien fort que régner sur tant d'ùmes. Mais votre frère Atlale adresse ici ses pas.

NICOMÈDE

11 ne m'a jamais vu, ne me découvrez pas.

SCÉiNE II

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