ACTE H, SCÈNE II
Des charmantes douceurs d'élever votre enfance. Dès làgc de quatre ans ils vous ont éloigné; Ju^^ez si cest |>our voir ce titre dédaigné, Po'ur vous voir renoncer, l'ar Tliynien d'une reine, A la pari qu'ils avaient ù la grandeur romaine. D'un si rare trésor l'un et l'autre jaloux...
ATTALK.
Madame, encore un coup, cet honmie est-il à vous? Et pour vous divertir est-il si nécessaire Que vous ne lui puissiez ordonner de se taire?
LAODICE
Puisqu'il vous a déplu vous traitant de Romain, Je veux Itien vous traiter de lils de souverain.
En celte qualité vous devez reconnaître Ou'un prince aillé doit élre voire mailre, Craindre de lui déplaire, .-t savoir rpie le sang Ne nous empêche |tas de dillérer de rang, Lui irarder le respect «piexige sa naissance, El, loin de lui voler sou hien en son ahsence...
ATTALE
Si l'honneur d'élre à vous est maintenant son hien, biles \in mol, madame, et ce sera le mien; El si rage à mon rang fait (pielque jtréjudice, Vous encorrigtrez la fatale injustice; Mais, si je lui dois tant en lils de souverain, Permellez qu'une fois je vous parle en Romain, [lie Sachez qu'il n'en esïpoinlque le ciel n'ait faitnai- Pour commander aux rois, el pour vivre sans maître; Sachez que mon amour est un nohle projet; ÎPour éviter l'ali'ronl de me voir son sujet; Sachez...
LAODICE
Je m'en doutais, seigneur, que ma couronne Vous charmait bien dumoinsaulanl que ma person- Mais, telle que je suis, el ma couronne el moi, [ne; Tout' est à cet aîné qui sera votre roi ; Et s'il était ici, peut-être en sa présence Vous penseriez deux fois à lui faire une offense.
ATTALE
Que ne puis-je l'y voir! mon courage amoureux...
NicoMÈDE [reux.
Faites quelques souhaits qui soient moins dangc- Seigneur; s'il les savait, il pourrait bien lui-même Venir d'un tel amour venger l'objet qu'il aime.
ATTAI,E.
Insolent ! est-ce enfin le respect qui m'est dû?
NICOMÈDE
Je ne sais de nous deux, sei!?neur, qui l'a perdu,
ATTALE
Peux-tu bien me connaître et tenir ce langage?
NICOMÈDE
.le sais à qui je parle, et c'est mon avantage Que, n'étant point connu, prince, vous ne savez Si je vous dois respect, ou si vous m'en devez.
ATTALE
Ah ! madame, souffrez que ma juste colère...
LAODICE
Consultez-en, seigneur, la reine votre mère; Elle entre.