‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 96 sur 373 · ACTE 1, SCÈNE II. H:î · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II. H:î

S'il me vent posséder, Auguste doit périr;

Sa tète est le seul prix dont il peut m'acquérir.

Je lui prescris la loi que mon devoir m'impose.

FLLVIE.

Elle a pour la blâmer une trop juste cause ; Par un si grand dessein vous vous faites juger Digne sang de celui que vous voulez venger ; Mais encore une fois souffrez que je vous die Qu'une si juste ardeur devrait être attiédie. Auguste chaque jour, à force de bienfaits, Semble assez réparer les maux quil vous a faits ; Sa faveur envers vous paraît si déclarée, Que vous êtes chez lui la plus considérée : Et de ses courtisans souvent les plus heureux Vous pressent à genoux de lui parler pour eux.

jCMILIE.

Toute cette faveur ne me rend pas mon père ; Et de quelcjne façon que l'on me considère, Abondante en richesse, ou puissante en crédit, Je demeure toujours la fille d'un procrit. Les bienfaits ne font pas toujours ce que tu penses; D'une main odieuse ils tiennent lieu d'offenses : Plus nous en prodiguons à qui nous peut haïr. Plus d'armes nous donnons à qui nous veut trahir. Ilm'enfaitchaque jour sanschanger mon courage; Je suis ce que j'étais, et je puis davanlage. Et des mêmes présents qu'il verse dans mes mains J'achète contre lui les esprits des Romains ; Je recevrais de lui la place de Livie Comme un moyen plus siir d'attenter à sa vie. Pour qui venge son père il n'est point de forfaits, Et c'est vendre son sang que se rendre aux bienfaits.

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