SCÈNE III. — BASQUE, CÉLIMÈNE, ACASTE, CLITANDRE
BASQUE Arsinoé, madame, Monte ici pour vous voir.
CÉLIMÈNE Que me veut cette femme ?
BASQUE Éliante là-bas est à l’entretenir.
CÉLIMÈNE De quoi s’avise-t-elle, et qui la fait venir ?
ACASTE Pour prude consommée en tous lieux elle passe ; Et l’ardeur de son zèle.
CÉLIMÈNE Oui, oui, franche grimace.
Dans l’âme elle est du monde; et ses soins tentent tout Pour accrocher quelqu'un, sans en venir à bout. Elle ne saurait voir qu'avec un œil d’envie Les amants déclarés dont une autre est suivie ; Et son triste mérite, abandonné de tous, Contre le siècle aveugle est toujours en courroux. Elle tâche à couvrir d’un faux voile de prude Ce que chez elle on voit d’affreuse solitude ; Et, pour sauver l’honneur de ses faibles appas, Elle attache du crime au pouvoir qu’ils n’ont pas. Cependant un amant plairait fort à la dame; Et même pour Alceste elle a tendresse d’âme.
Ce qu’il me rend de soins outrage ses attraits ; Elle veut que ce soit un vol que je lui fais ; Et son jaloux dépit, qu'avec peine elle cache, Ea tous endroits sous main contre moi se détache.
nfin je n’ai rien vu de si sot à mon gré; D est impertinente au suprême degré,
Leo
291 LE MIS ANTHROPE