SCÈNE V.— CHRYSALE, ARISTE, HENRIETTE
CLITANDRE Sans votre appui, monsieur, je serai malheureux ; Madame votre femme a rejeté mes vœux, Et son cœur prévenu veut Trissotin pour gendre. CHRYSALE Mais quelle fantaisie a-t-elle donc pu prendre ? Pourquoi, diantre! vouloir ce monsieur Trissotin ? ARISTE C’est par l'honneur qu’il a de rimer à latin, Qu'il à sur son rival emporté l’avantage.
CLITANDRE Elle veut dès ce soir faire ce mariage.
CHRYSALE
Dès ce soir ?
CLITANDRE
Dès ce soir.
CHRYSALE Et dès ce soir je veux, Pour la contrecarrer, vous marier tous deux.
CLITANDRE Pour dresser le contrat elle envoie au notaire.
CHRYSALE Et je vais le querir pour celui qu’il doit faire. CLITANDRE
Et madame doit être instruite par sa sœur De l’hymen où l’on veut qu’elle apprête son cœur.
Et moi, je lui commande, avec pleine puissance, De préparer sa main à cette autre alliance.
Ah! je leur ferai voir si, pour donner la loi, Il est dans ma maison d’autre maître que moi ? Nous allons revenir : songez à nous attendre. Allons, suivez mes pas, mon frère, et vous, mon gendre.
HENRIETTE, 4 Ariste.
Hélas ! dans cette humeur conservez-le toujours.
ARISTE J'emploierai toute chose à servir vos amours.