SCÈNE VIII *, — ANGÉLIQUE, TOINETTE
TOINETTE Les voilà avec un notaire, et j’ai oui parler de testament ; Votre belle-mère ne s’endort point : et c’est sans doute quelque conspiration contre vos intérêts, où elle pousse votre père.
ANGÉLIQUE Qu'il dispose de son bien à sa fantaisie, pourvu qu’il ne dispose point de mon cœur. Tu vois, Toinette, les desseins violents que l’on fait sur lui. Ne m’abandonne point, je te prie, dans l’extrémité où je suis.
TOINETTE Moi, vous abandonner! J’aimerais mieux mourir. Votre belle-mère à beau me faire sa confidente et me vouloir jeter dans ses intérêts, je n’ai jamais pu avoir l’inclination pour elle; et j’ai toujours été de votre parti. Laissez-moi fairer j’emploierai toute chose pour vous servir; mais, pour vous servir avec plus d’effet, je veux changer de batterie, couvri.
* Cette scène n’est point, dans les éditions précédentes, de la prose de monsieur Molière; la voici, rétablic sur l'original de l’auteur. (Noge de l'édition de 1682.)
le zèle que j'ai pour vous, et feindre d’entrer dans les sentiments de votre père et de votre belle-mère. ANGÉLIQUE Tâche, je t’en conjure, de faire donner avis à Cléante du mariage qu’on a conclu.
Je n’ai personne à employer à cet office, que le vieux usurierPolichinelle,mon amant ;et il m’en coûtera pour cela quelques paroles de douceur, que je veux bien dépenser pour vous. Pour aujourd’hui il est trop tard; mais demain, de grand matin, je l’envoierai querir, et il sera ravi de... BÉLINE Toinette!
TOINETTE Voilà qu’on m'appelle. Bonsoir. Reposez-vous sur moi.
Le theâtre change et représente une ville.