SCÈNE VII. — VALÈRE, SGANARELLE, ERGASTE
VALÈRE Monsieur, qui vous ramène en ces lieux ?
SGANARELLE Vos sottises.
Vous savez bien de quoi je veux parler.
Je vous croyais plus sage, à ne vous rien celer. Vous venez m’amuser de vos belles paroles, Et conservez sous main des espérances folles. Voyez-vous, j'ai voulu doucement vous traiter; Mais vous m'’obligerez à la fin d’éclater.
N’avez-vous point de honte, étant ce que vous êtes, De faire en votre esprit les projets que vous faites ? De prétendre enlever une fille d'honneur, Et troubler un hymen qui fait tout son bonheur ?
VAIÈRE Qui vous à dit, monsieur, cette étrange nouvelle ?
SGANARELLE Ne dissimulons point, je la tiens d’Isabelle, Qui vous mande pat moi, pour la dernière fois, Qu’elle vous à fait voir assez quel est son choix; Que son cœut, tout à moi, d’un tel projet s’offense; Qu'elle mourrait plutôt qu’en souffrir l’insolence ; Et que vous causerez de terribles éclats, Si vous ne mettez fin à tout cet embarras.
VALÈRE S'il est vrai qu’elle ait dit ce que je viens d’entendre, J'avouerai que mes feux n’ont plus rien à prétendre ; Par ces mots assez clairs je vois tout terminé, Et je dois révérer l’arrêt qu’elle a donné.
SGANARELLE S’i?.. Vous en doutez donc, et prenez pour des feintes Tout ce que de sa part je vous ai fait de plaintes ? Voulez-vous qu’elle-même elle explique son cœur ? J'y consens volontiers pour vous tirer d'erreur.
Suivez-moi, vous verrez s’il est rien que j’avance, Et si son jeune cœur entre nous deux balance.
(I! va frapper à sa porte.)