‹ Théâtre choisiChapitre 56 sur 263 · SCÈNE II. — ARNOLPHE, ALAIN, GEORGETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — ARNOLPHE, ALAIN, GEORGETTE

ALAIN Ah! monsieur, cette fois.

ARNOLPHE

Paix! Venez çà tous deux. Passez là, passez là. Venez là, venez, dis-je.

GEORGETTE Ah! vous me faites peur, et tout mon sang se fige.

ARNOLPHE

C’est donc ainsi qu’absent vous m’avez obéi ? Et tous deux, de concert, vous m’avez donc trahi ?

GEORGETTE, /0/bant aux genoux d’Arnolpbe.

Eh! ne me mangez pas, monsieur, je vous conjure.

ALAIN, 4 part.

. La » à 9 Quelque chien enragé l’a mordu, je m’assure.

ARNOLPHE, 4 part.

Ouf! je ne puis parler, tant je suis prévenu; Je suffoque, et voudrais me pouvoir mettre nu. (A Alain et à Georgette.) Vous avez donc souffert, Ô canaille maudite!

Qu’un homme soit venu...

(A Alain qui veut s'enfuir.) Tu veux prendre la fuitel Il faut que sur-le-champ...

(A Georgette.) Si tu bouges… Je veux Que vous me disiez.. Euh! oui, je veux que tous deux... (Alain et Georgette se lèvent, et veulent encore s'enfuir.) Quiconque remuera, par la mort! je l’assomme. Comme est-ce que chez moi s’est introduit cet homme ? Eh! parlez. Dépêchez, vite, promptement, tôt, Sans rêver. Veut-on dire ?

ALAIN ET GEORGEITE Ah! Ah!

GEORGETTE, refombant aux genoux d’ Arnolpbhe. Le cœur me faut!

ALAIN, refombant aux genoux d°Arnolphe.

Je meurs!

ARNOLPHE, 4 Part.

Je suis en eau : prenons un peu d’haleine;

Il faut que je m’évente et que je me promène. Aurais-je deviné, quand je l’ai vu petit, Qu’il croîitrait pour cela ? Ciel! Fe mon cœur pâtit| Je pense qu’il vaut mieux que de sa propre bouche Je tire avec douceur l’affaire qui me touche.

âchons à modérer notre ressentiment.

Patience, mon cœur, doucement, doucement.

(À Alain et à Georgette.) Levez-vous, et, rentrant, faites qu’Agnès descende. Arrêtez.

(A part.)

Sa surprise en deviendrait moins grande :

Du chagrin qui me trouble ils iraient l’avertir, Et moi-même je veux l'aller faire sortir.

(A Alain et à Georgette.) Que l’on m’attende ici.

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