Var Dieux 1 qui l'eut jamais cru ? Déjà les deux armées
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Nous ne sommes qu'un sang et qu'un peuple en ceux villes : Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles, '
. . Où la mort des vaincus affaiblit les vainqueurs,
kuEt le plus beau triomphe est arrosé de pleurs?
Nos ennemis communs attendent avec joie 295
Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proig, p^MA/ , Lassé, demi-rompu, vainqueur, mais, pour toûTTruit, / Dénué d'un secours par lui-même détruit.
/ Ils ont assez longtemps joui de nos divorces ; K^?*WÇf ontre eux dorénavant joignons toutes nos forces, 300
, lit noyons dans l'oubli ces petits différends
Qui de si bons guerriers font de mauvais parents.
Que si l'ambition de commander aux autres
Fait marcher aujourd'hui vos troupes et les nôtres,
Pourvu qu'à moins de sang nous voulions l'apaiser, 305
Elle nous unira, loin de nous 'diviser.
Nommons des combattants pour la cause commune :
Que chaque peuple aux siens attache sa fortune ;
Et suivant ce que d'eux ordonnera le sort,
Que le foible parti prenne loi du plus fort* ; 310
Mais sans indignité pour des guerriers si braves,
Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves,
Sans honte, sans tribut, et sans autre rigueur (m5uv*/i4*>^
Que de suivre en tous lieux les drapeaux du vainqueur.
Ainsi nos deux États ne feront qu'un empire. » 315
11 semble qu'à ces mots notre discorde expire * :
Chacun, jetant les yeux dans un rang ennemi,
Beconnoît un beau-frère, un cousin, un ami ;
Ils s'étonnent comment leurs mains, de sang avides,
Voloient, sans y penser, à tant de parricides, 320
Et font paraître un front couvert tout à la fois
D'horreur pour la bataille, et d'ardeur pour ce choix.
Enfin l'offre s'accepte, et la paix désirée
Sous ces conditions est aussitôt jurée :
Trois combattront pour tous ; mais pour les mieux choisir, 525
Nos chefs ont voulu prendre un peu plus de loisir :
Le vôtre est au sénat, le nôtre dans sa tente.
CAMILLE
O Dieux, que ce discours rend mon âme contente 1
CURIACK.
Dans deux heures au plus, par un commun accord,
Le sort de nos guerriers réglera notre sort. 330
Cependant tout est libre, attendant qu'on les nomme :
i.Var. Que le parti plus foible obéisse au plus fort. (1641-56) S. Var. A ces mots il se tait : d'aise chacun soupire. (1646-64;