‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 114 sur 619 · acte IV, scène ii · texte numérisé non relu

acte IV, scène ii

g. Yqr. Et lorsque notre hymen allume son flambeau. (1641-60)

120 TTOTnCE.

N'attaquez plus ma gloire avec tant de douleurs1, Et laissez-moi sauver ma vertu de vos pleurs ; Je sens qu'elle chancelle, et défend mal la place :

pitié

Allez, ne m'aimez plus, ne versez plus de larmes, Ou j'oppose l'offense à de si fortes armes ; Je me défendrai mieux contre votre courroux, t

Et pour le mériter, je n'ai plus d'yeux pour vous : 500 v\

Vengez-vous d'un ingrat, punissez un volage. '

Vous ne vous montrez point sensible à cet outrage 1 a Je n'ai plus d'yeux pour vous, vous en avez pour moi\ En faut-il plus encor? je renonce à ma foi.

Rigoureuse vertu dont je suis la victime, 595

Ne peux-tu résister sans le secours d'un crime t

CAMILLE

Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les Dieux

Qu'au heu de t'en haïr, je t'en aimerai mieux;

Oui, je te chérirai, tout ingrat et perfide, ■

Et cesse d'aspirer au nom de fratricide. 600

Pourquoi suis-je Romaine, ou que n'es-tu Romain

Je te préparerois des lauriers de ma main ;

Je t'encouragerois, au lieu de te distraire ;

Et je te traiterais comme j'ai fait mon frère.

Hélas ! j'étois aveugle en mes vœux aujourd'hui : 605

J'en ai fait contre toi quand j'en ai fait pour lui.

Il revient : quel malheur, si l'amour de sa femme -

Ne peut non plus sur lui que le mien sur ton âme I

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