ACTE IF, SCÈNE I
Pour le faire abolir smt plu? que suffisants *.
DON AMAS
Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable,
Jamais à son sujet un roi n'est redevable. - 370
Vous vous flattez beaucoup, et vous devez savoir
Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir.
Vous vous perdrez, Monsieur, sur cette confiance
LE COMTE
Je ne vous en croirai qu'après l'expérience.
DON ARIAS
Vous devez redouter la puissance d'un Roi. 575
LE COMTE
On jour seul ne perd pas un homme tel que moi. Que toute sa grandeur s'arme pour mon supplice, Tout l'État périra, s'il faut que je périsse1.
DON ARIAS
Quoi 1 vous craignez si peu le pouvoir sou veran...
LE COMTE
D'un sceptre qui sans moi lomberoit de sa main5 380
Il a trop d'intérêt lui-môme en ma personne, Et ma tête en tombant feroit choir sa couronne.
DON AlUAS.
Souffrez que la raison remette vos esprits Prenez un bon conseil.
LE COMTE
Le conseil en est pris.
DON ARIAS
Que lui dirai-je enfin? je lufdois rendre compte. 385
LE COMTE
Que je ne puis du tout consentir à ma honte.
DON ARIAS
Mais songez que les rois veulent être absolus.
1. La tradition nous a conservé quatre vers que le Comte adres: sait à don Arias, à la suite, si no us en croyons Voltaire, du vers 568 •
Ces satisfactions n'apaisent point une âme :
Qui les reçoit n'a rien, qtn tels fait se diffame ;
Et de pareils accords l'effet le plus commun
Est de perdre d'honneur deux hommes au lieu d'un.
Voltaire, qui donne les pour ces, a tort pour n'a rien, déshonorer pour perdre d'honneur, dit au sujet de ce passage :
« Ces vers parurent trop dangereux dans un temps où Ton punissait les duels qu'on ne pouvait arrêter, et Corneille les supprima. » —