POUR L'ÉDITION DE
C'est un devoir de faire profiter les écoles, le plus lût et le mieux possible, de toutes les améliorations qui intéressent les études, les objets de l'enseignement, et tout particulièrement, entre ces objets, les textes des auteurs. Voilà pourquoi nous avons revu avec soin, sur les nouvelles éditions de Corneille et de Racine qui font partie de la collection des Grands écrivains de la France, les sept pièces (texte et
^priantes) de ces deux poètes qui sont contenues dans le Théâtre classique. Nous avons en outre col-
^Jationné le Misanthrope de Molière sur l'édition originale publiée en 1667. Pour la Mérope de Voltaire, 0$us l'avions donnée, dès 1841, d'après le texte ij£s-pur el très-authentique de Beuchot, auquel
fi AVERTISSEMENT.
nous l'avons comparée de nouveau, mais sans que cette comparaison ait donné lieu à aucune modification.
Nous avons à peine besoin de dire que nous n'avons pas négligé cette occasion de soumettre aussi le commentaire à une révision attentive, et de l'améliorer çà et là, autant que nous le pouvions sans l'étendre : dans l'annotation d'un volume contenant plus de quinze mille vers, sans parler des nombreuses annexes dues aux auteurs mêmes et de l'indication, pour les trois tragédies de Racine, des emprunts faits à Tacite et à la Bible, la sobriété est absolument nécessaire. N'est-il point d'ailleurs toujours sage et de bon goût d'empiéter discrètement sur le meilleur et le plus vivant des commentaires : les notes orales du maître ?
TRAGÉDIE DE P. CORNEILLE
REPRÉSENTÉE POUR LA PI EMIÈRK FOIS VERS LA F 13» DE 1656 PUBLIÉE A LA FIN DE HAAS 1637.
Le Cid n'a eu qu'une voix pour lui à sa naissance, qui a été celle de l'admiration; il s'est vu plus fort que l'autorité et la politique, qui ont tenté vainement de le détruire ; il a réuni en sa faveur des esprits toujours partagés d'opinions et de sentiments, les grands et le peuple : ils s'accordent tous à le savoir de mémoire, et à prévenir au théâtre les acteurs qui le récitent. Le Cid enfin est l'un des plus beaux poèmes que Ton puisse faire.
La Brotère, des Ouvrages de l'esprit.
En vain contre le Cid un ministre se ligue, Tout Paris pour Chiméne a les yeux de Rodrigue. L'Académie en corps a beau le censurer, Le public révolté s'obstine à l'admirer.
Boiliau, satire »