‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 257 sur 619 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

(Les garda se retirent aux coins du théâtre,)

Source délicieuse, en misères féconde, 1105

Que voulez-vous de moi, ilaiieuses voluptés? Honteux attachements de la chair et du monde, Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :

Toute votre félicité, 1110

Sujette à l'instabilité,

En moins de rien tombe par terre ;

Et comme elle a l'éclat du verre,

Elle en a la fragilité ft.

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire : 1115

Vous étalez en vain vos charmes impuissants ; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. Il étale à son tour des revers équitables

Par qui les grands sont confondus; 1120

Et les glaives qu'il tient pendus

Sur les plus fortunés coupables*

Sont d'autant plus inévitables,

Que leurs coups sont moins attendus.

1 . Fortuna vitrea est ; tum quum splendet, frangitur. (P.Strds.)

— Ménage, dans ses Observation» sur Malherbe , rapporte qu'il avait souvent oui dire à Corneille qu'il avait fait les deux derniers vers de cette première strophe sans savoir que Godeau, évégue de Vence, avait, nuinze ans auparavant, dans une ode au Roi, employé la même comparaison, rendue dans les mêmes termes.

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