‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 309 sur 619 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

NÉRON, NARCISSE

HÉRON

Hé bien 1 de leur amour tu vois la violence,

Narcisse : elle a paru jusque dans son silence.

Elle aime mon rival, je ne puis l'ignorer;

Mais je mettrai ma joie à le désespérer. 750

Je me fais de sa peine une image charmante,

Et je l'ai vu douter du cœur de son amante.

Je la suis. Mon rival t'attend pour éclater.

Par de nouveaux soupçons, va, cours le tourmenter;

Et tandis qu'à mes yeux on le pleure, on l'adore, 755

Fais-lui payer bien cher un bonheur qu'il igitore.

narcisse, seul *.

La fortune t'appelle une seconde fois,

1. Et non à quoi, leçon empruntée à des impressions du dix huitième siècle par quelques éditions récentes. — La Fontaine dit dans la fable de l'Alouette et ses petits (livre IV, fable xxu) :

Ne t'attends qu'à toi seul : c'est un commun proverbe.

S. Louis Racine dit, dans ses Remarques sur Britannicus, que très-souvent l'acteur chargé du rôle de Narcisse ne pouvait prononcer les quatre vers qui suivent, à cause du murmure qu'excitait l'indignation des spectateurs.

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