‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 337 sur 619 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BMTANNICUS, JUNIE

BRITANMCUS.

Oui, Madame, Néron, qui l'auroit pu penser?

Dans son appartement m'attend pour m'embrasser.

Il y fait de sa cour inviter la jeunesse;

Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse

Confirment à leurs yeux la foi de nos serments, 1485

Et réchauffent l'ardeur de nos embrassements;

Il éteint cet amour, source de tant de haine ;

Il vous fait de mon sort arbitre souveraine.

Pour moi, quoique banni du rang de mes aïeux,

Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux, 1490

Depuis qu'à mon amour cessant d'ôtre contraire,

Il semble me céder la gloire de vous plaire,

Mon cœur, je l'avoûrai, lui pardonne en secret,

Et lui laisse le reste avec moins de regret.

Quoi? je ne serai plus séparé de vos charmes? 1495

Quoi? même en ce moment je puis voir sans alarmes

Ces yeux que n'ont émus ni soupirs ni terreur,

Qui m'ont sacrifié l'Empire et l'Empereur?

Ah ! Madame. Mais quoi? Quelle nouvelle crainte

Tient parmi mes transports votre joie en contrainte? 1500

D'où vient qu'en m'écoutant, vos yeux, vos tristes yeux

Avec de longs regards se tournent vers les cieux ?

Qu'est-ce que vous craignez?

JUNIE

Je l'ignore moi-même ; Mais je crains

BBITAMNICDS.

Tous m'aimez?

JUTOE.

Hélas 1 si je vous aime?

HUTANNICUS.

Néron ne trouble plus notre félicité. 1505

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