I. VBéracluur de Corneille se termine par ces deui vers
Allons hil rendre hommage, et d* un esprit content Montrer Héraeiiu» au peuple qui l'attend
Néron m'en a donné des gages trop certains.
Aii ! si vous aviez vu par combien de caresses I
Il m'a renouvelé la foi de ses promesses ! I
Par quels embrassements il vient de m'arrêter 1
Ses bras, dans nos adieux, ne pouvoient me quitter; 1590
Sa facile bonté, sur son front répandue,
Jusqu'aux moindres secrets est d'abord descendue.
11 s'épanchoit en fils, qui vient en liberté {
Dans le sein de sa mère oublier sa iierté. j
Mais bientôt, reprenant un visage sévère, 1595
Tel que d'un empereur qui consulte sa mère,
Sa confidence auguste a mis entre mes mains
Des secrets d'où dépend le destin des humains *.
Non, il le faut ici confesser à sa gloire,
Son cœur n'enferme point une malice noire; 1600
Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté,
Abusoient contre nous de sa facilité.
Mais enfin, à son tour, leur puissance décline;
Rome encore une fois va connoître Agrippine :
Déjà de ma faveur on adore le bruit. 1605
Cependant en ces lieux n'attendons pas la nuit.
Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste
D'un jour autant heureux que je l'ai cru funeste.
Mais qu'est-ce que j'entends? Quel tumulte confus?
Que peut-on faire?
JUNIE
0 ciel, sauvez Britannicus ! 1610