‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 341 sur 619 · I. VBéracluur de Corneille se termine par ces deui vers · texte numérisé non relu

I. VBéracluur de Corneille se termine par ces deui vers

Allons hil rendre hommage, et d* un esprit content Montrer Héraeiiu» au peuple qui l'attend

Néron m'en a donné des gages trop certains.

Aii ! si vous aviez vu par combien de caresses I

Il m'a renouvelé la foi de ses promesses ! I

Par quels embrassements il vient de m'arrêter 1

Ses bras, dans nos adieux, ne pouvoient me quitter; 1590

Sa facile bonté, sur son front répandue,

Jusqu'aux moindres secrets est d'abord descendue.

11 s'épanchoit en fils, qui vient en liberté {

Dans le sein de sa mère oublier sa iierté. j

Mais bientôt, reprenant un visage sévère, 1595

Tel que d'un empereur qui consulte sa mère,

Sa confidence auguste a mis entre mes mains

Des secrets d'où dépend le destin des humains *.

Non, il le faut ici confesser à sa gloire,

Son cœur n'enferme point une malice noire; 1600

Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté,

Abusoient contre nous de sa facilité.

Mais enfin, à son tour, leur puissance décline;

Rome encore une fois va connoître Agrippine :

Déjà de ma faveur on adore le bruit. 1605

Cependant en ces lieux n'attendons pas la nuit.

Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste

D'un jour autant heureux que je l'ai cru funeste.

Mais qu'est-ce que j'entends? Quel tumulte confus?

Que peut-on faire?

JUNIE

0 ciel, sauvez Britannicus ! 1610

Page 1