‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 4 sur 619 · AVERTISSEMENT DE CORNEILLE · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE CORNEILLE

Avxa pocos dias antes hecho campo con don Gomez conde de Cormas. Venciàle y diôle la muer te. Lo que résulté dette caso,fué que casa con dona Ximena, hija y heredera del mismo conde. Ella misma requiriô al Rey que se le diesse por marido (ca estaba muy prendada de sus partes), o le castigasse conforme a las leyes, por la muerte que dià a su padre. Hizàse el casamienlo, que a todos estaba a cuentotcon el quai por el grandote de su esposa, que se allegà al estado que el ténia de su padre f se aumenlô en poder y riquezas.

Maruîka, lib. IX* de la Historia d'Espana*, cap. v\

1. Cet Avertissement n'a été inséré par Corneille que dans les éditions de 1648-1656.

9. La Historia gênerai d'Espata, d'où est tiré ce fragment espagnol, n'est qu'une version libre, faite par le P. Mariana lui-même, de son histoire latine, intitulée Bistorimde rébus Htipanim libri XXX, et publiée de 159a à 1016. Voici la traduction de cet extrait cité par Corneille :'

« Il avait eu peu de jours auparavant un duel avec don Gomèi, comte de Gormai 11 le vainquit et lui donna la mort. Le résultat de cet événement fut qu'il se maria avec dona Chimène, fille et héritière de ce seigneur. Elle-même demanda au Roi qu'il le lui donnât pour mari (car elle était fort éprise de ses qualités), ou qu'il le châtiât conformément aux lois, pour avoir donné la mort à son père. Le mariage, qui agréait à tous, s'accomplit ; ainsi, grâce à la dot considérable de son épouse, qui s'ajouta aux biens qu'il tenait de son

pèi e. il grandit en pouvoir et eu richesses. » ^

Yoilà ce qu'a prêté l'histoire à D. Gui lien de Castro', qui a mis ce fameux événement sur le théâtre avant moi. Ceux qui entendent L'espagnol y remarqueront deux circonstances : l'une, que Chiméne ne pouvant s'empêcher de reconnoitre et d'aimer les belles qualités qu'elle voyoit en don Rodrigue, quoiqu'il eût tué son père (eslaba prendada de sus parles), alla proposer ellemême au Roi cette généreuse alternative, ou qu'il le lui donnât pour mari, ou qu'il le fit punir suivant les lois ; l'autre, que ce mariage se fit au gré de tout le monde (a todos estaba a cuento). Deux chroniques du Cid ajoutent qu'il fut célébré par l'archevêque de Se vil le, en présence du Roi et de toute sa cour ; mais je me suis contenté du texte de l'historien, parce que toutes les deux ont quelque chose qui sent le roman, et peuvent ne persuader pas davantage que celles que nos François ont faites de Gharlemagne et de Roland. Ce que j'ai rapporté de Maria na suffit pour faire voir l'état qu'on fit de Chiméne et de son mariage dans son siècle même, où elle vécut en un tel éclat, que les rois d'Aragon et de Navarre tinrent à honneur d'être ses gendres, en épousant ses deux filles. Quelques-uns ne l'ont pas si bien traitée dans le nôtre; et sans parler de ce qu'on a dit de la Chiméne du théâtre, celui qui a composé l'histoire d'Espagne en françois l'a notée dans son livre de s'être tôt et aisément consolée de la mort de son père*, et a voulu taxer de légèreté une action qui fut imputée à grandeur de courage par ceux qui en furent les témoins. Deux romances espagnols, que je vous donnerai ensuite de cet Avertissement, parlent encore plus en sa faveur. Ces sortes de petits poèmes sont comme des originaux décousus de leurs anciennes histoires; et je serois ingrat envers la mémoire de cette héroïne, si, après l'avoir fait connoitre en France, et m'y être fait conuottre par elle, je ne tâchois de la tirer de la honte qu'on lui a voulu faire parce qu'elle a passé par mes mains. Je vous donne donc ces pièces justificatives de la réputation où elle a vécu, sans

1. Les premières éditions de la pièce de 6. de Castro : las Uœedades del Cii, !• parte (« la Jeunesse » ou « les Actes de jeunesse, les Prouesses du Cid »), remontent h 1611, peut-être à 1618. Or peut voir, au tome I*r du Corneille de M. Varty-Laveaux, p. 199-140, les passages de Castro imités par Corneille et signalés par lui dans son édition de 16&8 (voyez ci-après, p. 8 et 9, la fin de V Avertissement!, puis une analyse comparative de ce drame, par M. Yiguier, et une note du même sur la traduction espagnole du Cid de Corneille, par Marnante, publiée à Madrid en 1658, et à laquelle Voltaire a donné plus de réputation qu'elle ne mérite, en se vantant de l'avoir découverte comme un premier original antérieur a celui de Corneille.

1. «D. Ximena Gomès ... faisoit grandes et continuelles plaintes de la mort, de son père ; mais il ne passa longtemps qu'elle-même pria le Roi de faire ]e mariage d'elle et du Cid, ce qu'il fit, et ainsi demeura cette dame toute consolée. » {Histoire générale tf Espagne, par Loys de Hayerne-Turquet. Lyon, 1587, p. 55*.)

0 LE CÏD.

dessein de justifier la façon dont je l'ai fait parler franco is. Le | temps l'a fait pour moi, et les traductions qu'on en a faites en toutes les langues qui servent aujourd'hui à la scène, et chez tous les peuples où l'on voit des théâtres, je veux dire en italien, flamand et anglois, sont d'assez glorieuses apologies contre tout ce qu'on en a dit. Je n'y ajouterai pour toute chose qu'environ une douzaine de vers espagnols qui semblent faits exprés pour la défendre. Ils sont du même auteur qui l'a traitée avant moi, D. Guillen de Castro, qui, dans une autre comédie qu'il intitule Enqa- J fiarse enganande ', fait dire à une princesse de Béarn » '

A mirar bien el mundo, que el tener apetitoê que veneer, y ocaeioneê que dexar,

Examinan el va 1er en la muger, yo dixera lo que eientot porque fuera luzimiento de mi honor.

Pero maliciat fundadas en honras mal entendidas, de tentaciones veneidas haeen culpas declaradas:

Y asi, la que el detear con el resistir apunla, vence dorveces, eijunta con el retutir el callar B. i

Cest, si je ne me trompe, comme agit Chiméne dans mon ouvrage, en présence du Roi et de l'Infante. Je dis en présence du Roi et de l'Infante, parce que, quand elle est seule, ou avec sa confidente, ou avec son amant, c'est une autre chose. Ses mœurs sont inégalement égales, pour parler en termes de notre Aristote, et changent suivant les circonstances des lieux, des personnes, des temps et des occasions, en conservant toujours le même principe.

Au reste, je me sens obligé de désabuser le public de deux erreurs qui s'y sont glissées touchant cette tragédie, et qui semblent

1. Cette comédie, dont le titre espagnol lignifie : «8'engeigner {te tromper) en engeignant, » a été imprimée & Valence en 1615.

S. « Si le monda a raison de dire que ee qui éprouve le mérite d'une femme, c'est d'avoir des désirs a vaincre, des occasions i rejeter, je n'aurais ici qu'à exprimer ce que je sens : mon honneur n'en deviendrait que plus éclatant. Hais une malignité qui se prévaut de notions d'honneur mal entendues convertit volontiers en un aveu de faute ce qui n'est que la tentation vaincue. Des lors la lemme qui désire et qui résiste également, vaincra deux fois, si, en résistant, elle sait encore se taire. »

avoir été autorisées par mon silence. La première est que j'aye convenu de juges touchant son mérite, et m'en sois rapporté au sentiment de ceux qu'on a priés d'en juger. Je m'en tairois encore, si ce faux bruit n'avoit été jusque chez M. de Balzac dans sa province, ou, pour me servir de ses paroles mêmes, dans son désert, et si je n'en avois vu depuis peu les marques dans cette admirable lettre qu'il a écrite sur ce sujet» et qui ne fait pas la moindre richesse des deux derniers trésors qu'il nous a donnés '. Or comme tout ce qui part de sa plume regarde toute la postérité, maintenant que mon nom est assuré de passer jusqu'à elle dans celte lettre incomparable, il me seroit honteux qu'il y passât avec cette tache, et qu'on pût à jamais me reprocher d'avoir compromis de ma réputation. C'est une chose qui jusqu'à présent est sans exemple; et de tous ceux qui ont été attaqués comme moi, aucun que je sache n'a eu assez de foiblesse pour convenir d'arbitres avec ses censeurs ; et s'ils ont laissé tout le monde dans la liberté publique d'en juger, ainsi que j'ai fait, c'a été sans s'obliger, non plus que moi, à en croire personne : outre que dans la conjoncture où étoient lors les affaires du Cid, il ne falloit pas être grand devin pour prévoir ce que nous en avons vu arriver. A moins que d'être tout à fait stupide, on ne pou voit pas ignorer que comme les questions de cette nature ne concernent ni la religion, ni l'État, on en peut décider par les régies de la prudence humaine, aussi bien que par celles du théâtre, et tourner sans scrupule le sens du bon Aristole du côté de la politique. Ce n'est pas que je sache si ceux qui ont jugé du Cid en ont jugé suivant leur sentiment ou non, ni même que je veuille dire qu'ils en ayent bien ou mal jugé, mais seulement que ce n'a jamais été de mon consentement qu'ils en ont jugé, et que peut-être je l'aurois justifié sans beaucoup de peine, si la même raison qui les a fait parler ne m'avoit obligé à me taire. Aristote ne s'est pas expliqué si clairement dans sa Poi • tique, que nous n'en puissions faire ainsi que les philosophes, qui le tirent chacun à leur parti dans leurs opinions contraires; et comme c'est un pays inconnu pour beaucoup de monde, les plus zélés partisans du Cid en ont cru ses censeurs sur leur parole, et se sont imaginé avoir pleinement satisfait à toutes leurs objections, quand ils ont soutenu qu'il importoit peu qu'il fût selon les régies d'Aristote, et qu' Aristote en avoit fait pour son siècle et pour des Grecs, et non pas pour le nôtre et pour des François.

Cette seconde erreur, que mon silence • a affermie, n'est pas moins injurieuse à Aristote qu'à moi. Ce grand homme a traité la poétique avec tant d'adresse et de jugement, que les préceptes qu'il nous en a laissés sont de tous les temps et de tous les peu-

1. Allusion aux Lettres choisies du Sieur de Balzac, 1647, in-8% 1 parties. S* lettre à Scudéry sur ses Observations du Cid est a 1a p. s»* de la !»• partie.

8 LE GID.

pies; et bien loin de s'amuser au détail des bienséances et des agréments, qui peuvent être divers selon que ces deux circonstances sont diverses, il a été droit aux mouvements de l'âme, dont la nature ne change point. 11 a montré quelles passions la tragédie doit exciter dans celles de ses auditeurs ; il a cherché quelles conditions sont nécessaires, et aux personnes qu'on introduit, et aux événements qu'on représente, pour les y faire naître; il en a laissé des moyens qui auroient produit leur effet partout dés la création du monde, et qui seront capables de le produire encore partout, t

tant qu'il y aura des théâtres et des acteurs ; et pour le reste, que les lieux et les temps peuvent changer, il l'a négligé, et n'a pas même prescrit le nombre des actes, qui n'a été réglé que par Horace beaucoup après lui*.

Ct certes, je serois le premier qui condamnerais le Cid, s'il péchoit contre ces grandes et souveraines maximes que nous tenons de ce philosophe ; mais bien loin d'en demeurer d'accord, j'ose dire que cet heureux poème n'a si extraordinairement réussi que parce qu'on y voit les deux maîtresses conditions (permettez-moi cet* épithéte) que demande ce grand maître aux excellentes tragédies, et qui se trouvent si rarement assemblées dans un même ouvrage, qu'un des plus doctes commentateurs de ce divin traité qu'il en a fait3 soutient que toute l'antiquité ne les a vues se rencontrer que dans le seul Œdipe. La première est que celui qui souffre et est persécuté ne soit ni tout méchant ni tout vertueux, mais un homme plus vertueux que méchant, qui par quelque trait de faiblesse humaine qui ne soit pas un crime, tombe dans «un malheur qu'il ne mérite pas ; l'autre, que la persécution et le péril ne vien- ,

nent point d'un ennemi, ni d'un indifférent, mais d'une personne > qui doive aimer celui qui souffre et en être aimée. Et voilà, pour |

en parler sainement, la véritable et seule cause de tout le succès du Cid, en qui l'on ne peut méconnottre ces deux conditions, sans s'aveugler soi-même pour lui faire injustice. J'achève donc en m'acquittant de ma parole ; et après vous avoir dit en passant ces deux mots pour le Cid du théâtre, je vous donne, en faveur de la Chiméne de l'histoire, les deux romances que je vous ai promis4.

J'oubliois à vous dire que quantité de mes amis ayant jugé à propos que je rendisse compte au public de ce que j'avois emprunté de l'auteur espagnol dans .cet ouvrage, et m'ayant témoigné le souhaiter, j'ai bien voulu leur donner cette satisfaction. Vous trouverez donc tout ce que j'en ai traduit imprimé d'une autre

t. Voyez Y Art poétique d'Horace, vers 189 et 190.

«. Cet est au masculin dans toutes les éditions publiées par Corneille qui donnent cet Avertissement.

5. Corneille veut parler de Robortel, qu'il nomme dans un passage du Discours de la tragédie, où il a exposé les mêmes idées qu'ici. I

*. Ces romances font partie tous deux du Romancero gênerai. <

lettre ■ , avec un chiffre au commencement, qui servira de marque de renvoi pour trouver les vers espagnols au bas de la môme page. Je garderai ce même ordre dans la Mort de Pompée, pour les vers de Lucain, ce qui n'empêchera pas que je ne continue aussi ce même changement de lettre toutes les fois que nos acteurs rapportent quelque chose qui s'est dit ailleurs que sur le théâtre*, où vous n'imputerez rien qu'à moi si vous n'y voyez ce chiffre pour marque, et le texte d'un autre auteur au-dessous.

ROMANCB PRIMERO.

bêlante el rey de Léon doua Ximena una tarde se pone â pedir justicia por la muerte de su padre.

Para contra el Cid la pide, don Rodrigo de Bivare, que huer fana la dexô, nifia, y de muy poca edade.

« Si tengo raxon, 6 non, bien, Rey, lo alcanzas y sabes, que los negocios de honra no pueden disimularse.

Cada dia que amanece, veo al lobo de mi sangre, caballero en un caballo, por darme mayor pesare.

Mandate, buen rey, pues pueden, que no me ronde mi calle :

que no se venga en mugeres el hombre que mucho vale.

Si mi padre a f rente al suyo, bien ha vengado à su padre, que si honras pagaron muertes, para su disculpa basten.

Encomendada me tienes, no consientas que me agravien, que el que â mi se fiziere, â tu corona se faxe.

— Calledes, dona Ximena,

i. C'est-é-dire en lettres italiques. Voyez ci-dessus, p. 5, note 1.

t. Corneille . dans ses diverses éditions, et après lui son frère, dans celle de 168Î, impriment en italiques les discours directs, les paroles d'aul ui rapportées par les acier us, paroles q*'on met plus ordinairement aujourd'hui entre guillemets.

que me dades pena grande, que yo daré buen remédia para todos vues tr os maies.

Al Cid no le he de ofender, que es hombre que mucho vais, y me dépende mis reynos, y quiero que me los guarde.

Pero yo farè un partido con él, que no os esté maie, de tomalle la palabra para que con vos se case. »

Contenta quedâ Ximena con la merced que le faxe, que quien huer fana la fixo aquesse mismo la ampare*.

ROMANCK SECUNDO.

A Ximena y A Rodrigo prendiô el Rey palabra y mono, de juntarlos para en uno en presencia de Layn Calvo.

Las enemistades viejas con amor se conformaront

1. « Par-devant le roi de Léon, un soir se présente dofta Chimène, demandant justice pour la mort de son père.

« Elle demande justice contre le Cid, don Rodrigue de Btvar, qui 1 a rendue orpheline dès son enfance, quand elle comptait encore bien peu d'années.

« Si j'ai raison d'agir ainsi, ô Roi, tu le comprends, tu le sais bien : les de- « voirs de l'honneur ne se laissent point méconnaître.

« Chaque jour que le matin ramène, je vois celui qui s'est repu comme un « loup de mon sang, passer pour renouveler mes chagrins, chevauchant sur « un destrier.

« Ordonne-lui, bon Roi, car tu le peux, de ne plus aller et venir par la rue a que j'habite : un homme de valeur n'exerce pas sa vengeance contre une « femme.

a Si mon père fit affront au sien, il Ta bien vengé ; et si la mort a payé le « pris de l'honneur, que cela suffise a le tenir quitte.

« J'appartiens a ta tutelle, ne permets pas que Ton m'offense: l'offense qu'on « peut me faire t'adresse a ta couronne.

« — Taisei-vous, dona Chimène : vous m'affliges vivement. Hais je saurai « bien remédier a toutes vos peines.

« Je ne saurais faire du mal au Cid ; car c'est un homme de grande valeur ; « il est le défenseur de mes royaumes, et je veux qu'il me les conserve.

« Mais je ferai avec lui un accommodement dont vous ne vous trouverez point a mal : c'est de prendre sa parole pour qu'il se marie avec vous. »

« Chimène demeura satisfaite, agréant cette merci du Roi, qui lui destine pour protecteur celui qui l'a faite orpheline. »

que donde préside el amor $e olvidan muchos agravio*..,.

Llegaron junlos los novios, y al dar la mano y abraço, el Cid mirando à la no via, le dixâ todo turbado :

« Maté à tu padre, Ximena, pero no à detaguisado, matéle de nombre à nombre, para vengar eierto agravio.

Maté nombre, y nombre doy aqui estoy à tu mandado, y en lugar del muerto padre cobraête un marido honrado. »

A todo» pareciô bien; $u discrecion alabaron, y asise hizieron las bodas de Rodrigo el Caste II ano*.

t. m De Rodrigue et de Chimène le Roi prit la parole et la main, afin de les unir ensemble en présence de Layn Calvo.

« Les inimitiés anciennes furent réconciliées par l'amour; car où préside l'amour, bien des torts s'oublient...

« Les fiancés arrivèrent ensemble et, au moment de donner la main et le baiser, le Cid, regardant la mariée, lui dit tout troublé :

« J'ai tué ton père, Chimène, mais non en trahison : je l'ai tué d'homme « à nomme, pour venger une réelle injure.

a J'ai tué un homme, et je te donne un homme c me voici pour faire droit « à ton grief, et au lieu du père mort tu reçois un époux honoré. »

« Cela parut bien a tous ; ils louèrent son prudent propos, et ainsi se firent Ifs noees de Rodrigue le Castillan. »

ACTEURS

DON FERNAND, premier roi de Castilie ».

DONA URRAQUE, imante de Castille*.

DON DIÈGUE, père de don Rodrigue.

DON GOMÈS, comte de Gormas, père de Chimène.

DON RODRIGUE, amant de Chimène.

DON SANCUE, amoureux de Chimène.

DON ARIAS, ) #. . §|1|

DON alonsf 1 fi»entllsnommes castillans.

CHIMÈNE fille de don Gomès.

-LÉONOR, gouvernante de l'Infante.

EL VI RE, gouvernante de Chimène.

Un Page de l'Infante.

La scène est à Séville*.

1. Fernand ou Ferdinand I", dit le Grand, mourut en 1075. DoHa Urraque est aussi un nom historique : les deux filles que laissa le roi Fernand s'appelaient, l'une doua Vrraca, l'autre doua Elvira. Nous avons vu plus haut (p. A), dans l'extrait de Mariana, don Gomès, Chimène, et don Rodrigue (ou Ruy Diaz de Bivar, surnommé le Cid), Le père de don Rodrigue est appelé par le même historien (livre IX, chapitre v) don Diego Laynet. Quant à don Arias, qu'il nomme don Arias Gonzales, il parle de lui comme d'un vieil of Acier qui avait longtemps servi sous le roi don Fernand. Les autres noms de ses acteurs, Corneille les a trouvés également, a l'exception peut-être de celui de Léonor, soit dans le livre IX de Mariana, soit dans G. de Castro ; seulement il a donné ceux de don Sanche et de don Alonse à d'autres personnages que ceux à qui ils appartiennent dans l'histoire ou chez le poète espagnol.

2. En 1754, il parut à Amsterdam un petit volume intitulé : Pièce* dramatiques choisies et restituées par Monsieur ***. L'une de ces pièces est le Cid. Dans le texte restitué, qui fut généralement adopté pour la scène, ce Monsieur, qui passe pour n'être autre que J. B. Rousseau, a, sans parler des autres changements, supprimé trois rôles : l'Infante, Léonor et le Page.

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