ACTE II, SCÈNE Y
Le sang à votre gré coule trop lentement 1
Vous m'avez commandé de vous parler sans feinte, Madame : quel est doue ce grand sujet de crainte? 580
Un songe, un foible enfant que votre œil prévenu Peut-être sans raison croit avoir reconnu.
ATHALIB.
Je le veux croire, Abner ; je puis m'être trompée.
Peut-être un songe vain m'a trop préoccupée.
Hé bien! il faut revoir cet enfant de plus près ; . 585
Il en faut à loisir examiner les traits.
Qu'on les fasse tous deux paroître en ma présence.
ABNER
Je crains...
ATHAL1E.
Manqueroit-on pour moi de complaisance ? De ce refus bizarre où seraient les raisons? Il pourrait me jeter en d'étranges soupçons. 590
Que Josabet, vous dis-je, ou Joad les amène. Je puis, quand je voudrai, parler en souveraine. Vos prêtres, ie veux bien, Abner, vous l'avouer, Des bontés d'Athalie ont lieu de se louer. Je sais sur ma conduite et contre ma puissance 595
Jusqu'où de leurs discours ils portent la licence. Ils vivent cependant, et leur temple est debout. Mais je sens que bientôt ma douceur est A bout. Que Joad mette un frein à son xèle sauvage, Et ne m'irrite point par un second outrage. 600
Allez.