‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 452 sur 619 · ACTE H, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE VII

Laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche.

J08ABET, tout bas.

Daigne mettre, grand Dieu, ta sagesse en sa bouche *.

ATHALUL

Gomment tous nommes-vous ?

JOAS

J'ai nom Éliacin.

ATHAUE.

Votre père?

JOAS

Je suis, dit-on, un orphelin.

Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance, 035

Et qui de mes parents n'eus jamais connoissance.

ATHALIB.

Vous êtes sans parents ?

JOA8.

Ils m'ont abandonné.

ATHAUE.

Comment ? et depuis quand ?

JOAS

Depuis que je suis né.

ATHAUE.

Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre T

JOAS

Ce temple est mon pays ; je n'en connois point d'autre. 640

ATHAUE.

Où «dit-on que le sort vous a fait rencontrer

JOAS

Parmi des loups cruels prêts à me dévorer

ATHAUE*

Qui vous mit dans ce temple ?

JOAS

Une femme inconnue.

Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue.

ATHALIE

Hais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ? 645

JOAg.

Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? Aux petits des oiseaux il donne leur pâture *, El sa bonté s'étend sur toute la nature.

1 . « Ce vers, dit Laharpe, prépare et justifie tout ce qu'il y aura d'étonnant dans les réponses de Joas, suivant ce mot de l'Écriture : (Psaume vu, v. 3) : « Ex ore infantium et lactentium perfecisti laudem. >

<*. « Qui dat jumentis escam ipsorura, et pu 1 lis corvorum invocantibus eum. » (Psaume cxliii, 9.)

494 ATÏTALTE.

Tous les jours le l'invoque ; et d'un soin paternel

Il me nourrit des dons offerts sur son autel 650

ATHALIE

Quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse ? La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce, Font insensiblement à mon inimitié Succéder. ... Je serois sensible à la pitié?

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