ACTE H, SCÈNE VII
Laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche.
J08ABET, tout bas.
Daigne mettre, grand Dieu, ta sagesse en sa bouche *.
ATHALUL
Gomment tous nommes-vous ?
JOAS
J'ai nom Éliacin.
ATHAUE.
Votre père?
JOAS
Je suis, dit-on, un orphelin.
Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance, 035
Et qui de mes parents n'eus jamais connoissance.
ATHALIB.
Vous êtes sans parents ?
JOA8.
Ils m'ont abandonné.
ATHAUE.
Comment ? et depuis quand ?
JOAS
Depuis que je suis né.
ATHAUE.
Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre T
JOAS
Ce temple est mon pays ; je n'en connois point d'autre. 640
ATHAUE.
Où «dit-on que le sort vous a fait rencontrer
JOAS
Parmi des loups cruels prêts à me dévorer
ATHAUE*
Qui vous mit dans ce temple ?
JOAS
Une femme inconnue.
Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue.
ATHALIE
Hais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ? 645
JOAg.
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? Aux petits des oiseaux il donne leur pâture *, El sa bonté s'étend sur toute la nature.
1 . « Ce vers, dit Laharpe, prépare et justifie tout ce qu'il y aura d'étonnant dans les réponses de Joas, suivant ce mot de l'Écriture : (Psaume vu, v. 3) : « Ex ore infantium et lactentium perfecisti laudem. >
<*. « Qui dat jumentis escam ipsorura, et pu 1 lis corvorum invocantibus eum. » (Psaume cxliii, 9.)
494 ATÏTALTE.
Tous les jours le l'invoque ; et d'un soin paternel
Il me nourrit des dons offerts sur son autel 650
ATHALIE
Quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse ? La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce, Font insensiblement à mon inimitié Succéder. ... Je serois sensible à la pitié?