ACTE II, SCÈNE VU
Dont elle avoit puni les fureurs indiscrètes * ;
Et moi, reine sans cœur, 011e sans amitié,
Esclave d'une lâche et frivole pitié,
Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage
Bendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage, 720
Et de votre David traité tous les neveux
Comme on traitoit d'Achab les restes malheureux ?
Où serois-je aujourd'hui, si, domptant ma faiblesse,
Je n'eusse d'une mère étouffé la tendresse ;
Si de mon propre sang ma main versant des flots 725
N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots?
Enfin de votre Dieu l'implacable vengeance
Entre nos deux maisons rompit toute alliance.
]>Hvid m'est en horreur; et les fils de ce roi,
Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi. 730
JOSABET.
Tout vous a réussi * ? Que Dieu voie, et nous juge.
ATHALIB.
Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge,
Que deviendra l'effet de ses prédictions ?
Qu'il vous donne ce roi promis aui nations,
Cet enfant de David, votre espoir, votre attente. . . . 735
Mais nous nous reverrons. Adieu. Je sors contente
J'ai voulu voir ; j'ai vu.
abner, à Josabet.
Je vous l'avois promis :
Je vous rends le dépôt que vous m'avez coin mis.