‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 456 sur 619 · ACTE II, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VU

Dont elle avoit puni les fureurs indiscrètes * ;

Et moi, reine sans cœur, 011e sans amitié,

Esclave d'une lâche et frivole pitié,

Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage

Bendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage, 720

Et de votre David traité tous les neveux

Comme on traitoit d'Achab les restes malheureux ?

Où serois-je aujourd'hui, si, domptant ma faiblesse,

Je n'eusse d'une mère étouffé la tendresse ;

Si de mon propre sang ma main versant des flots 725

N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots?

Enfin de votre Dieu l'implacable vengeance

Entre nos deux maisons rompit toute alliance.

]>Hvid m'est en horreur; et les fils de ce roi,

Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi. 730

JOSABET.

Tout vous a réussi * ? Que Dieu voie, et nous juge.

ATHALIB.

Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge,

Que deviendra l'effet de ses prédictions ?

Qu'il vous donne ce roi promis aui nations,

Cet enfant de David, votre espoir, votre attente. . . . 735

Mais nous nous reverrons. Adieu. Je sors contente

J'ai voulu voir ; j'ai vu.

abner, à Josabet.

Je vous l'avois promis :

Je vous rends le dépôt que vous m'avez coin mis.

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