ACTE III, SCÈNE VI
Où fut empreint l'affront que ton courage efface '
DON R0DRI9UF.
L'honneur vous en est dû : je ne pouvois pas moins,
Étant sorti de tous et nourri par vos soins. 1040
Je m'en tiens trop heureux, et mon àme est ravie
Que mon coup d essai plaise à qui je dois la vie;
Mais parmi vos plaisirs ne soyez point jaloux
Si je m'ose à mon tour satisfaire après vous *.
Souffrez qu'en liberté mon désespoir éclate; 1045
Assez et trop longtemps votre discours le flatte.
Je ne me repens point de vous avoir servi ;
Mais rendez-moi le bien que ce coup m'a ravi.
Mon bras, pour vous venger, armé contre ma flamme,
Par ce coup glorieux m'a privé de mon âme; 1050
Ne me dites plus rien; pour vous j'ai tout perdu :
Ce que je vous devois, je vous l'ai bien rendu.
DOHMÈQUE.
Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire3:
Je t'ai donne la vie, et tu me rends ma gloire;
Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour, 1055
D'autant plus maintenant je te dois de retour.
Mais d'un cœur magnanime éloigne ces faiblesses4;
Nous n'avons qu'un honneur, il est tant de maîtresses !
L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir 5