‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 531 sur 619 · BARBAS · texte numérisé non relu

BARBAS

Oui, lui-même; oui, ses mains sanguinaires 785 Ont égorgé d'Égisthe et le père et les frères : Je l'ai vu sur mon roi, j'ai vu porter les coups; Je l'ai tu tout couvert du sang de votre époux.

VÉROPE.

Ah Dieux I

HARBAS.

J'ai vu ce monstre entouré de victimes ; Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes : 790

11 déguisa sa rage à force de forfaits; Lui-même aux ennemis il ouvrit ce palais* Il y porta la flamme ; et parmi le carnage, Parmi les traits, les feux, le trouble, le pillage, Teint du sang de vos fils, mais des brigands vainqueur, 795 Assassin de son prince, il parut son vengeur. D'ennemis, de mourants, vous étiez entourée; Et moi, perçant à peine une foule égarée, J'emportai votre fils dans mes bras languissants. Les Dieux ont pris pitié de ses jours innocents : 800

Je l'ai conduit, seize ans, de retraite en retraite; J'ai pris pour me cacher le nom de Pôlyclète; Et, lorsqû'en arrivant je l'arrache à vos coups, Polyphonte est son maître et devient votre époux1!

Page 1