SCÈNE II CÉUMÈNE, ALCESTE, BASQUE
CÉLIMENE.
Qu'est-ce?
BASQUE
Acaste est là-bas.
CÉUMÈNE.
Eh bien, faites monter
ALCE8TE.
Quoi? l'on ne peut jamais vous parler tête à tête?
A recevoir le monde on vous voit toujours prête? 500
Et vous ne pouvez pas, un seul moment de tous,
Vous résoudre à souffrir de n'être pas chez vous ?
CÉLIMÈNK.
Voulez-vous qu'avec lui je me fasse une affaire?
ALCESTE
Vous avez des égards4 qui ne sauroient me plaire.
CÊLIMEHB.
C'est un homme à jamais ne me le pardonner 505
S'il savoit que sa vue eût pu m'importuner,
ALCESTE
Et que tous fait cela pour vous gêner de sorte?...
CÉLIMÈfCE.
lion Dieu ! de ses pareils la bienveillance importe;
Et ce sont de ces gens qui, je ne sais comment,
Ont gagné, dans la cour, de parler hautement. 510
Dans tous les entretiens on les voit s'introduire;
Ils ne sauroient servir, mais ils peuvent vous nuire;
Et jamais, quelque appui qu'on puisse avoir d'ailleurs,
On ne doit se brouiller avec ces grands bra illeurs.
1. Dans le texte original, on Ut regard*tque l'édition de 1682 a corrigé en égarât. Il est probable que regardé était une faute d impression, car le mot, qui d'ailleurs prêterait ici à un double »ens,n avait plus guère, au temps de Molière, celui d'attention, respect, considération, qu'ont gardé l'anglais regard et l'italien ri-