‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 76 sur 619 · SCÈNE IV CHIMÈNE, ELVIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV CHIMÈNE, ELVIRE

CHIMÈNE

Elvire, que je souffre, et que je suis à plaindre! 1S45

Je ne sais qu'espérer, et je vois tout à craindre ; Aucun vœu ne m'échappe où j'ose consentir ;

w'!* k<* ^e ne sounaite "en sans un prompt repentir *. ,j A deux rivaux pour moi je fais prendre les armes :

Le plus heureux succès me coûtera des larmes ; 1650

Et quoi qu'en ma faveur en ordonne le sort,

Mon père est sans vengeance, ou mon amant est mort.

ELTIBE.

D'un et d'autre côté je vous vois soulagée .

Ou vous avez Rodrigue, ou vous êtes vengée ;

Et quoi que le destin puisse ordonner de vous, ,,; 1G55

Il soutient votre gloire, et vous donne un éfioux. ^ /

CHIMÈNE. l*Vj"-

Quoi ? l'objet de ma haine ou de tant de colère 2 !

L'assassin de Rodrigue ou celui de mon père !

De tous les deux côtes on me donne un mari

Encor tout teint du sang que j'ai le plus chéri ; 1660

De tous les deux côtés mon âme se rebelle :

Je crains plus que la mort la fin de ma querelle.

Allez, vengeance, amour, qui troublez mes esprits,

Vous n'avez point pour moi de douceurs à ce prix ;

Et toi, puissant moteur du destin qui m'outrage, 1665

Termine ce combat sans aucun avantage,

Sans faire aucun des deux ni vaincu, ni vainqueur.

ELVIRE

Ce seroit vous traiter avec trop de rigueur.

Ce combat pour votre âme est un nouveau supplice,

S'il vous laisse obligée â demander justice, 1670

A témoigner toujours ce haut ressentiment,

Et poursuivre toujours la mort de votre amant.

Madame, il vaut bien mieux que sa rare vaillance',

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