JOUE
Elle est pourtant plus à plaindre que tous : 145
On peut changer d'amant, mais non changer d'époux. Oubliez Curiace, et recevez Valère, Vous ne tremblerez plus pour le parti contraire ; Vous serez toute nôtre, et votre esprit remis N'aura plus rien à perdre au camp des ennemis. 150
CAMILLE
Donnez-moi des conseils qui soient plus légitimes, Et plaignez mes malheurs sans réordonner des crimes Quoiqu à peine à mes maux je puisse résister,
1. Var. Pourquoi fuir, et vouloir que je tous entretienne? . (1641-56)
ï. Var. Ou digne de mes pleurs, ou digne de ma haine. (1641-56)
J'aime mieux les souffrir que de les mériter.
julie. Quoil tous appelez crime un change raisonnable? 455
t • ri CAMILLE.
/ -v ,< ^Quoil le manque de Cfij vous semble pardonnable \ *' mL«.
Envers un ennemi qui peut nous obliger i f y^r/i^i h aj ca mille .
D'un serment solennel qui peut nous dégager ?
" » JtJLŒ.
Vous déguisez enHairt une chose trop claire î Je vous vis encore hier entretenir Va 1ère ; 160
^-rceÇ^Et l'accueil gracieux qu'il recevoit de vous
jf Lui permet de nourrir un espoir assez doux8.
CAMILLE. 3 *** $ {.s<C
Si je l'entretins hier et lui fis, bjiaSisagef *>■' <* ^«\ N'en imaginez rien qu'à son désavantage : '
De mon contentement un autre et oit l'objet. . 165
Mais pour sortir d'erreur sachez-en le sujet ; } . ,
Je garde à Coriace une amitié trop pure ^«/v^. otQ*v% Pour souffrir plus longtemps qu'on m'estime parjure.
Il vous souvient qu'à peine on voyoit de sa sceur* Par un heureux hymen mon frère possesseur, 170
Quand, pour comble de joie, il obtint de mon père Que de ses chastes feux je serois le salaire. Ce jour nous fut propice et funeste à la fois i Unissant nos maisons, il désunit nos rois ; Un même instant conclut notre hymen et la guerre *, 175
Fit naître notre espoir et le jeta par terre, Nous ôta tout, sitôt qu'il nous eut tout promis, Et nous faisant amants, il nous fit ennemis. Combien nos déplaisirs parurent lors extrêmes ! Combien contre le ciel il vomit de blasphèmes ! 180
\t****-*na Et combien de ruisseaux coulèrent de mes yeux ! Je ne vous le dis point, vous vîtes nos adieux ; Vous avez vu depuis les troubles de mon âme ; Vous savez pour la paix quels voeux a laits ma flamme,
l.Var. Envers un ennemi qui nous peut obliger? cam. D'un serment solennel qui nous peut dégager? (1641-56)