ACTE QUATRIEME. SCÈNE CINQUIEME
MASCARILLE
Mais pour qui, je vous prie, un tel préparatif?
TRUFALDIN
Pour toi premièrement, puis pour ce bon apôtre Qui veut m'en donner d'une, et m'en jouer d'une Pour cet Arménien, ce marchand déguisé, [autre ; Introduit sous l'appât d'un conte supposé.
MASCARILLE
Quoi ! vous ne croyez pas?...
TRUFALDIN
Ne cherche point d'excuse.
Lui-même heureusement a découvert sa ruse ; Et, disant à Célie, en lui serrant la main, Que pour elle il venait sous ce prétexte vain, Il n'a pas aperçu Jeannette, ma fillole, Laquelle a tout ouï, parole pour parole ; Et je ne doute point, quoi qu'il n'en ait rien dit, Que tu ne sois de tout le complice maudit.
MASCARILLE
Ah ! vous me faites tort. S'il faut qu'on vous affronte, Croyez qu'il m'a trompé le premier à ce conte.
TRUFALDIN
Veux-tu me faire voir que tu dis vérité ? Qu'à le chasser mon bras soit du tien assisté ; Donnons-en à ce fourbe, et du long et du large, Et de tout crime après mon esprit te décharge.
MASCARILLE
Oui-da, très volontiers; je l'épousterai bien,
Et par là vous verrez que je n'y trempe en rien.
(A part.) Ah ! vous serez rossé, monsieur de l'Arménie, Qui toujours gâtez tout.