SCÈNE V MASCARILLE, LÉLIE, ANDRÈS
Eh bien ! ne voilà pas mon enragé de maître ! Il nous va faire encor quelque nouveau bissêtre.
LÉLIE
Sous ce grotesque habit, qui l'aurait reconnu ? Approche, Mascarille, et sois le bienvenu.
MASCARILLE
Moi souis ein chant t'honneur, moi non point Maque- Chai point fentre chamais le famé ni le fille. [rille,
LÉLIE
Le plaisant baragouin ! Il est bon, sur ma foi.
MASCARILLE
Allez fous pourmener, sans toi rire te moi.
LÉLIE
Va, va, lève le masque, et reconnais ton maître.
MASCARILLE
Partieu, tiable, mon foi, chamais toi chai connaître.
LÉLIE
Tout est accommodé ; ne te déguise point.
MASCARILLE
Si toi point en aller, che paille ein coup te poing.
lao L'ETOURDI
Ton jargon allemand est superflu, te dis-je ; Car nous sommes d'accord, et sa bonté m'oblige : J'ai tout ce que mes vœux lui pouvaient demander, Et tu n'as pas sujet de rien appréhender.
MASCARILLE
Si vous êtes d'accord par un bonheur extrême, Je me dessuisse donc, et redeviens moi-même.
ANDRÈS
Ce valet vous servait avec beaucoup de feu; Mais je reviens à vous, demeurez quelque peu.
LÉLIE
Eh bien, que diras-tu ?
MASCARILLE
Que j'ai l'âme ravie De voir d'un beau succès notre peine suivie.
LÉLIE
Tu feignais à sortir de ton déguisement, Et ne pouvais me croire en cet événement.
MASCARILLE
Comme je vous connais, j 'étais dans l'épouvante, Et trouve l'aventure aussi fort surprenante.
LÉLIE
Mais confesse qu'enfin c'est avoir fait beaucoup. Au moins, j'ai réparé mes fautes à ce coup, Et j'aurai cet honneur d'avoir fini l'ouvrage.