ACTE QUATRIÈME. 237 MADAME DE THAUZETTE
Non, mais c’est vous qui allez reprendre la vôtre. MARTHE.
Comment cela, chère madame ?
MADAME DE THAUZETTE.
Vous avez prévenu Fernand, il me l’a répété, que, s’il
ne vous disait pas la vérité sur quelque point que ce fût, vous ne le reverriez de votre vie.
MARTHE
En effet.
MADAME DE THAUZETTE.
Eh bien, il vient de partir et vous ne le reverrez plus.
MARTHE
Et sur quoi m’a-t-il trompée ?..
MADAME DE THAUZETTE, Sur le droit qu’il croyait avoir de disposer de lui.
MARTHE
Comment ne sait-on pas si on a le droit de disposer de soi, quand on a l’âge de M. de Thauzette? Alors mon frère ne m'avait pas trompée, chère madame, en me disant que monsieur votre fils était un malhonnète homme ?
MADAME DE THAUZETTE.
Marthe!
MARTHE
Ah! mais tout cela est sérieux, madame, Il n’y a pas en question l’honneur seulement de M. de Thauzette, qui est mort pour moi à partir de cette minute, il y a le mien et vous me devez une explication. Je suppose que monsieur votre fils avait des engagements antérieurs avec une autre personne.
MADAME DE THAUZETTE.
Oui.
Et avec qui ces engagements ? Avec mademoiselle Brissot.
MARTHE
Ü’est donc pour cela que vous me disiez de me défie d'elle. Et comment se fait-il que ces engagements, don personne ne parlait, aient été révélés tout à coup? MADAME DE THAUZETTE.
Denise les a fait connaître.
MARTHE
À qui?
MADAME DE THAUZETTE.
À votre frère.
MARTHE
À quel moment?
MADAME DE THAUZETTE.
Je n’en sais rien.
THOUVENIN
Au moment, mademoiselle, où M. de Bardannes annonçÇçait à mademoiselle Brissot qu’il avait accordé votre main à M. de Thauzette.
MARTHE
Mon frère avait consenti à mon mariage ?
MADAME DE THAUZEITE, Oui.
MARTHE, Pourquoi si vite après son refus formel?
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