ACTE PREMIER. 271 STANISLAS
Vos coquetteries avec nous; nous n’en sommes pas plus fiers pour cela. Votre coquetterie avectous les hommes est bien connue. Vous voulez que tous les hommes soient amoureux de vous.
Je me soucie bien des hommes! S'il n’y avait qu'eux et moi sur la terre...
STANISLAS
Si j'avais dit ça, moi!
C’est un proverbe, et encore, je n’en dis que la moitié.
STANISLAS
Alors, si les hommes vous sont indifférents, pourquoi avez-vous une robe comme celle-là ?
Qu'est-ce qu’il y a de mal dans ma robe?
STANISLAS
I1 n’y a rien de mal dans votre robe, si j'en juge par ce qu’il y a de bien dehors.
Stanislas, je vais me fâcher.
STANISLAS
Mais, nous savons très bien que ce n’est pas pour nous que vous faites toutes ces agaceries et même que vous jouez à la petite évaporée, ce qui ne vous va pas du tout; vous êtes une sentimentale, vous, vous vivriez très bien entre un pot-au-feu fait par mademoiselle Annette et un bouquet de myosotis donné par Lucien, et, finalement, vous jetteriez le bouquet dans le pot-au-feu pour lui donner du goût. Est-ce vrai?
C’est possible.
STANISLAS
Quant au reste, histoire de rendre Lucien jaloux.
LUCIEN
Et c’est inutile, je ne le suis pas : je sais à qui j'ai
affaire.
Tu seras jaloux quand je voudrai.
LUCIEN
Essaye!
STANISLAS
Lucien a raison et c’est vous qui êtes jalouse.
Moi ?
ETANISLAS.
Oui, vous. Et, si vous êtes de mauvaise humeur, si vous jouez du Wagner, si vous ne voulez plus qu’on vous appelle Francillon, c’est parce que je n’ai pas voulu vous dire tout à l’heure, à table, quand vous me l’avez demandé tout bas, si Lucien retourne chez mademoiselle...
FRANCINE, allant à lui.
Voulez-vous vous taire, vous !
STANISLAS
Et comme je n'ai pas voulu vous Le dire...
FRANCINE, le frappant de son éventail qu'elle finit par casser. Tenez! tenez! tenez!
Stanislas la saisit par la taille pendant qu’elle le frappe, lui baise le bras
à plusieurs reprises.
Vous m'avez cassé mon éventail.
CR