‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 163 sur 208 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Toute seule.

LUCIEN

C’est une plaisanterie.

Demandez à la femme de chambre, qui m’a donné tout se qu'il fallait pour sortir, au portier qui m'a ouvert la porte, au cocher de la compagnie qui m'a conduite. Je jui ai dit qu'il aurait vingt francs, s’il marchait bien, il à bien marché et il a été poli. Voici son numéro.

Elle lui donne le bulletin du cocher qu'elle tire de son petit portefeuille.

LUCIEN

Et pourquoi êtes-vous allée au bal de l'Opéra ? FRANCINE.

Parce que vous y alliez.

LUCIEN

J'avais refusé de vous y conduire.

C'est pour cela que j’y suis allée sans vous. LUCIEN.

Refuser de vous y conduire, c'était vous défendre d'y aller.

. Il fallait le dire ; mais je ne vous aurais probablement pas obéi, n’ayant d’ordres à recevoir de personne. *

LUCIEN

Excepté de moi.

Parce que?

LUCIEN

Parce que je suis votre mari.

À quelle heure ?

LUCIEN

. En tout cas, je suis votre maître.

Pour invoquer les droits du maître, il faut remplir les devoirs de l'époux. En vous dérobant aux uns, vous renoncez aux autres.

LUCIEN

Laissons là les phrases et les axiomes. Oui ou non, êtes-vous allée à ce bal?

Puisque je vous l’ai déjà dit une fois.

LUCIEN

Vous etes sortie, cette nuit, de l’hôtel?

TRANCINE.

Oui.

ÉOCIEN.

À quel moment ?

Cinq minutes après vous ; seulement je suis sortie à pied ; je ne voulais pas que l’on sût où j'allais. La première voiture qui passait, je l’ai prise.

LUCIEN

Et’ vous vous êtes fait mener.

À la porte de votre cercle où je vous ai attendu et d’où vous êtes sorti à deux heures du matin, disant à votre cocher : « À l'Opéra. »

Et alors ?

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