‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 199 sur 208 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

son d'Or qu’elle tira de sa poche un portefeuille, avec un chiffre et une couronne, qu’elle parle bas au garçon et qu’elle lui donna deux ou trois billets de banque. Je ne pouvais pas deviner pourquoi. Vous voyez un homme, messieurs, à qui une dame, inconnue, masquée, a offert et payé à souper. — Ne le dites pas.

STANISLAS, bas, à Lucien.

Il esttrès bien, ce garcon! Jete fais mon compliment.

LUCIEN, agacé.

Oui, oui.

STANISLAS

Et alors?

PINGUET

Alors, c’est tout, monsieur.

STA NISLAS.

Le reste est et doit rester un mystère.

PINGUET

Vous m'avez demandé, monsieur, pour savoir qui de vous deux avait gagné, si cette dame était ou n’était pas une femme du monde; je donne les renseignements que je puis donner. Le reste n’a aucun rapport avec le pari.

LUCIEN

On ne peut pas compromettre une femme plus délicatement.

PINGUET

Je ne saurais compromettre cette dame, monsieur le comte, puisqu'aucune des personnes qui se trouvent ici ne sait son nom, pas même moi. Le moindre indice pourrait-il faire reconnaitre cette dame, et de grands malheurs pourraient-ils en résulter pour elle, ou s’est-elle plu seulement à vouloir intriguer jusqu'au bout ün

brave garçon qu'elle yoyait un peu étourdi de l'aventure ? Toujours est-il qu’elle m’a fait jurer de ne jamais ré-

véler à qui que ce soit un seul mot de notre entretien.

Ma discrétion, qui est un devoir professionnel, se double

et se fortifie d’un serment qui, bien que. prêté dans un

cabinet de restaurant, entre un masque et un bouquet

de roses, n’en reste pas moins un serment. (A Madame

Smith.) N’êtes-vous pas d’avis, madame, que je ne fais

que ce que je dois, et si l’un de ces messieurs était à ma

place, ne ferait-il pas ce que je fais?

THÉRÈSE

Parfaitement, monsieur, vous agissez en galant

homme.

Lucien fait un mouvement.

STA NISLAS, bas, à Lucien.

Tu sais où le retrouver; un mot de plus, il devine.

PINGUET, à Lucien.

Je dois rentrer à l'étude pour une affaire très importante, excusez-moi, monsieur le comte, de ne pas attendre monsieur le marquis. Du reste, M° Gandonnot, du [moment qu’il s’agit de mademoiselle votre sœur, tiendra à ses prérogatives de patron. (Saluant.) Madame !.…

Messieurs !

Il sort.

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