ACTE PREMIER. +. mn LIONNETTE
Je viens de coucher l’enfant qui était très désobéissant ce soir, et je venais retrouver ces messieurs.
Ils sont partis tous les trois.
LIONNETTE
Qu'est-ce que tu as? tu es tout pâle. Qu'arrive-t-il encore ?
JEAN
Vous le demandez?
LIONNETTE
Mais oui, je le demande.
JEAN, marchant sur elle en étendant le poing vers son visage.
Quand je pense que j’ai manqué de respect à ma mère et qu’elle est morte en me maudissant, pour cette créature.
LIONNETTE, passant devant lui.
Je ne comprends pas!
JEAN
Tu ne comprends pas?
LIONNETTE
Non; je crois, j'espère que vous êtes encore plus fou que de coutume, qu'y a-t-il?
JEAN, tirant des papiers de poche.
Ce qu'ilya?Il yaqueM. Nourvadya fait payer toutes vos dettes. ILa bien voulu me faire l’honneur de ne pas payer les miennes; mais vous, vous ne devez plus rien. Voilà ce qu’il y a. Comprenez-vous maintenant?
LIONNETTE, stupéfaite.
M. Nourvady !
JEAN
Oui, M. Nourvady, votre amant!
LIONNETTE, indignée, Mon amant!
JEAN
Oui, votre amant, à qui vous avez vendu votre personne et mon nom, votre honneur et le mien, contre quelques centaines de mille francs. Pour votre honneur à vous, c’est trop, mais pour le mien ce n’est pas assez.
LIONNETTE
Qu'est-ce que c’est que cette histoire-là?
JEAN
M. Richard vient de m'envoyer chercher ;, en rentrant chez lui, ce soir, il a trouvé toutes les notes que vos créanciers lui renvoyaient acquittées, en lui écrivant qu'ils étaient intégralement payés. Par qui? vous le savez
Il jette les papiers sur la table.
LIONNETTE
Je vous jure.
JEAN, fou de colère.
Vous mentez! vous mentez! Il y avait un’ moyen, pénible pour vous, de vous acquitter, on vous l’a proposé tantôt; vous avez refusé obstinément. Vous aviez vos raisons ; c'était inutile ; le marché était conclu et exécuté. Depuis quand?
LIONNETTE
Ah çà! quand aurez-vous fini de m’insulter! Je vous dis que ce dont vous m'’accusez n’est pas vrai. Maintenant, si vous ne me croyez pas, faites tout ce que vous voudrez.