‹ Théâtre completChapitre 148 sur 149 · SCÈNE XI LOUISE, puis LA BARONNE, LE MARQUIS, ANTOINE · texte numérisé non relu

SCÈNE XI LOUISE, puis LA BARONNE, LE MARQUIS, ANTOINE

LOUISE

Oh! mon Dieu, mon Dieu! perdus tous deux, perdus par raoi, et pour moi! Que faire? que devenir? Ma tête se perd> je deviens folle! A mon aide! à mon secours! LÀ BARONNE, entrant.

Louise.

LODISE.

Avez-vous vu le roi ?

LA BARONNE

Madame de la Tournelle n'était point chez elle; mais le marquis, peut-être a-t-il été plus heureux que moi. Ah ! le TOilà. Venez, venez, marquis. Eh bien?

LE MARQUIS

Le duc de Richelieu est consigné comme les autres. La porte du roi est fermée pour tout le monde. ANTOINE, reparaissant par la porte secrète et la refermant aussitôt sor loi»

Excepté pour Antoine Bernard.

Mon frère !

LA BARONNE

Antoine !

LE MARQUIS

Vous avez vu Sa Majesté ?

ANTOINE

Oui, j'ai mes grandes entrées, moi.

LE MARQUIS

Comment se fait-il ?

ANTOINE

Oh! là-dessus, motus! jamais un mot; car nous avons la Bastille... vous savez, à l'entrée du faubourg Saint-Antoine!... Oui, j'ai vu le roi ! et c'est pas pour me vanter, mais j'ai eu

du mal; car, au moment où je débouchais dans sa chambre à coucher, je me trouve nez à nez avec un particulier... On veut m'entraîner; mais je résiste, je fais un tapage épouvantable... Une porte s'ouvre, le maître paraît... Oh! je m'y attendais... Oui, le roi, en personne, suivi d'une belle dame.

LE MARQUIS, k part.

Madame de la Tournelle !

ANTOINE

Le roi s'informe, questionne; moi, je prends la parole... Tant pis!... En deux mots, je dis tout, je parle de la faute de M. Henri, de sa condamnation à cause de son amour pour ma sœur... du désespoir de ma pauvre Louise... Le roi fronce le sourcil et fait un signe pour qu'on m'éloigne... Mais je devine, en regardant la belle dame, qu'il y a encore de l'espoir de ce côté-là... Je cours à elle, je tombe à genoux... Oh! je n'avais pas peur... Je ne sais ce que je lui dis; mais elle prend le roi à part, lui parle à voix basse, puis, s'approchant d'une table, écrit à la hâte et présente un papier à Sa Majesté. Le roi hésite d'abord; mais elle insiste, il prend la plume, signe et remet l'écrit à un officier, en lui disant: o Que le chevalier soit libre. — Bien obligé, sire, que je m'écrie; au plaisir de vous revoir! vous aussi, madame la duchesse ! » Et je suis sorti en me disant : « Antoine, mon garçon, je crois que tu as bien gagné ta journée. »

LOUISE

Libre!... libre!... Oh! je ne sais si je pourrai supporter mon bonheur!... Mais venez, venez tous...

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