‹ Théâtre completChapitre 51 sur 149 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

CHARLOTTE DE MÉRIAN, seule, entrant par la porte à gauche.

Elle fait deux on trois pas sur la pointe du pied, écoute et regarde si elle est bien seule. Sept heures sonnent.

11 m'a dit, eu passant auprès de moi: « Demain, pendant la récréation de sept heures, allez dans la petite salle bleue, levez le tapis de la table, vous y trouverez une lettre; au nom du ciel, lisez-la! » J'ai quitté Louise, sous prétexte de monter à ma chambre et je suis venue... (Tâtant le tapis.) C'est ici qu'elle doit être... Je la sens... la voilà!... Mon Dieu, que faire?... La prendre... c'est bien mal! La laisser... c'est bien imprudent !... Si cette lettre était trouvée par quelque sous-maitresse,* et que, par malheur, mon nom fût dans cette lettre... Oh! madame de Maintenon est si sévère!... Mais, au fait, je puis me tromper, ce n'est peut-être point une lettre que je sens là... Comment pourrait-il entrer à Saint-Cyr, où aucun homme ne pénètre, excepté Sa Majesté et les princes du sang ? (Elle lève le tapis ) Si fait, c'est bien une lettre... Aurait-il osé se confiera quelqu'un ?...(S' éloignant.) Oh! non! bien décidément, je ne la prendrai pas... Celui qui l'a apportée, quel qu'il soit, viendra chercher une réponse; cette lettre lui sera rendue... Il n'y a donc rien à craindre... Non, non, je ne la prendrai pas... Mon pauvre cœur n'est déjà que trop enclin à répondre à cet amour que m'expriment ses yeux; que serait-ce donc si je lisais ce qu'il m'écrit!

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